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Rythmes scolaires: rentrée mouvementée pour Najat Vallaud-Belkacem

Najat Vallaud-Belkacem lors de la passation de pouvoirs avec Benoît Hamon, le 27 août à Paris.

Najat Vallaud-Belkacem lors de la passation de pouvoirs avec Benoît Hamon, le 27 août à Paris. - Patrick Kovarik - AFP

La nouvelle ministre de l'Education nationale prend ses fonctions en pleine polémique sur l'application de la réforme sur les rythmes scolaires.

La rentrée s'annonce délicate pour Najat Vallaud-Belkacem. La nouvelle ministre de l'Education nationale a succédé à Benoît Hamon moins de cinq mois après la prise de fonctions de ce dernier, et à peine une semaine avant la rentrée scolaire. Elle hérite au passage d'un des dossiers les plus chauds du moment: les rythmes scolaires.

Inaugurés à la rentrée 2013 par 1,3 million d'écoliers dans 4.000 communes, les nouveaux rythmes deviennent obligatoires cette année pour toutes les écoles publiques. Quelque 20.000 communes en France vont s'atteler ce mardi à la réforme pour la première fois.

La délicate question des activités périscolaires

Mardi, 4,6 millions d'écoliers vont donc renouer avec une cinquième matinée de classe - le mercredi ou le samedi, selon les communes. Ils découvriront aussi les activités périscolaires, gratuites ou payantes, si leur commune les organise et si leurs parents les y inscrivent.

Coût, recrutement, organisation pratique: la question des activités avait cristallisé les critiques lors de sa mise en place à la rentrée 2013. Arrivé en mars au ministère, Benoît Hamon avait autorisé des assouplissements pour les communes en difficulté ou récalcitrantes, tout en rappelant son intransigeance sur l'application de la réforme.

Des maires récalcitrants

Comme Vincent Peillon à ses débuts au gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem pourrait faire les frais des critiques. D'autant plus que l'initiative de l'ABCD de l'égalité, dont elle fut co-initiatrice, avant de devoir l'abandonner, a fortement déplu à une frange de la droite,qui multiplie les attaques à son encontre. La ministre est donc attendue au tournant sur la mise en place de la réforme. Mais pour Benoît Hamon, cela "se passera dans les meilleures conditions. L'école n'est pas un supermarché dans lequel on choisit son organisation du temps éducatif adapté aux intérêts de l'adulte", a-t-il dit lors de la passation de pouvoirs. 

Des maires menacent en effet de ne pas ouvrir les écoles le mercredi matin. Certains parlent de cadenasser les grilles, ou même de faire enlever les poignées de portes le mardi soir. Des parents appellent aussi à boycotter l'école le mercredi.

Du côté des syndicats, l'inquiétude porte surtout sur les premières semaines. "Cette réforme depuis le début a été mal pensée, mal préparée, peu financée", avance Sébastien Sihr, secrétaire général du Snuipp-FSU., interrogé par l'AFP. "Un temps de rodage sera nécessaire", admet Jacques Pelissard, président de l'Association des maires de France. Pour Najat Vallaud-Belkacem, le défi est de taille.

https://twitter.com/ariane_k Ariane Kujawski Journaliste BFMTV