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Najat Vallaud-Belkacem, bête noire de la droite "tradi"

Najat Vallaud-Belkacem sur les marches de l'Elysée, en juillet dernier.

Najat Vallaud-Belkacem sur les marches de l'Elysée, en juillet dernier. - Miguel Medina - AFP

Najat Vallaud-Belkacem va tenir les rênes d'un immense ministère, qui rassemble l'Education nationale et la Recherche. Une belle promotion pour cette fidèle du Président, qui a su montrer sa loyauté.

Ils voient en elle "l'égérie de la théorie du genre", et vivent sa promotion comme une "provocation": les partisans de La Manif pour tous et de la droite traditionnelle sont déjà vent debout contre Najat Vallaud-Belkacem, nouvelle ministre de l'Education nationale.

A 36 ans, la jeune ministre peut se targuer d'être la première femme à occuper ce prestigieux poste: avant elle, Ségolène Royal n'avait été "que" ministre chargée de l'Enseignement scolaire. Retour sur une carrière fulgurante.

Du Maroc à la rue de Grenelle

Deuxième d'une famille de sept enfants, Najat Belkacem naît en 1977 dans un village marocain. En 1982, elle rejoint son père, ouvrier immigré en France, et grandit à Amiens. Une jeunesse sans vague qui lui fera dire d'elle qu'elle est "le pur produit de la République", exemple d'une "intégration heureuse".

Diplômée de Sciences-Po, elle échoue aux portes de l'ENA mais y rencontre Boris Vallaud, qui deviendra son époux. Le 21 avril 2002, le FN au second tour est un électrochoc pour la jeune femme, alors juriste: elle décide d'adhérer au Parti socialiste et fait ses premières armes aux côtés du maire de Lyon, Gérard Collomb, avant de gagner la garde rapprochée de Ségolène Royal.

Fin 2011, le grand public découvre son visage lorsque François Hollande la nomme porte-parole de la campagne présidentielle. Elle sera nommée ministre du Droit des femmes en mai 2012, puis verra son portefeuille élargi à la Jeunesse et aux Sports dans le gouvernement Valls I.

Elle répond à ses détracteurs

Najat Vallaud-Belkacem ne connaît pas particulièrement les arcanes du ministère rue de Grenelle, mais elle pourra s'appuyer sur son art de la communication pour éviter de heurter les enseignants, qui n'avaient pas digéré les allusions au "mammouth" ou aux "changements de couches en maternelle" de précédents ministres de l'Education.

Sa seule expérience dans le monde éducatif est d'avoir porté les ABCD de l'égalité ces derniers mois. Une expérimentation dans les écoles censée lutter contre les stéréotypes filles-garçons mais finalement enterrée par son prédécesseur, soucieux de ne pas se fâcher avec les partisans de la droite traditionnelle, qui voyaient dans ce dispositif une façon de véhiculer une prétendue théorie du genre. Dès sa nomination, certains ténors de la droite sont revenus à la charge contre elle. "Elle doit lever certaines ambiguïtés immédiatement, par exemple sur la théorie du genre qu'elle a voulu promouvoir", lui a lancé l'un de ces prédécesseurs Luc Chatel sur France 2. "Najat Vallaud-Belkacem promue à l'Education, c'est une provocation", tranchait sur Twitter Nadine Morano.

Mercredi, la nouvelle ministre leur a opposé une fin de non-recevoir sur les ondes de France-Info: "Les polémiques inutiles, les débats stériles, l'instrumentalisation insupportable de l'école n'auront pas de place dans le ministère qui est le mien." Dont acte.