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Raffarin, NKM, Le Maire et les juppéistes: la tentation d'un nouveau parti à droite

NKM, Jean-Pierre Raffarin et Valérie Pécresse.

NKM, Jean-Pierre Raffarin et Valérie Pécresse. - ERIC FEFERBERG / POOL / AFP

Après les législatives, les Républicains "modérés" pourraient fonder un nouveau parti de centre droit.

Grandes manœuvres en vue: comme au Parti socialiste, fracturé, Les Républicains attendent que les élections législatives soient passées pour "clarifier" la situation dans leur camp. Pour les juppéistes et l'aile "gauche" des Républicains - Jean-Pierre Raffarin, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Édouard Philippe, Bruno Le Maire, NKM ou encore Christian Estrosi - cela pourrait se traduire, selon Le Canard Enchaîné, par une scission pure et simple au sein d'une nouvelle formation politique, compatible avec certaines idées d'Emmanuel Macron. Selon l'hebdomadaire satirique, les rencontres en ce sens se multiplient entre les intéressés.

Deux droites irréconciliables

La ligne de partage entre ces "modérés" et les "durs" (entre autres, Laurent Wauquiez, Eric Ciotti, François Baroin et les rescapés du fillonisme), s'exprime d'ailleurs sur la question du rapport au leader d'En Marche!: partenaire potentiel pour les uns, adversaire pour les autres.

La tension est déjà palpable, si bien que François Baroin, chef de file des Républicains pour la conquête du palais Bourbon, brandit ce mercredi la menace de l'exclusion en cas de rapprochement trop prononcé avec Emmanuel Macron. La fracture est pourtant là, comme le constate le secrétaire général du parti Bernard Accoyer dans L'Opinion:

"Il y a deux lignes aujourd’hui qui ne peuvent pas s’affronter avant les législatives, mais qui devront débattre après les législatives. (...) Je pense que ces deux lignes devront soit trouver un compromis, soit, si elles ne le trouvent pas, ce sera la fin de l’histoire de ce qu’a été l’UMP, puis Les Républicains. Mais ça, ce sera le débat de l’automne."

Point faible des unions électorales

Cette crise grondante est, bien sûr, le résultat de l'élimination de François Fillon au premier tour de l'élection présidentielle.

Comme l'UMP, Les Républicains est un parti pensé comme une machine à gagner les élections présidentielles, hanté par le spectre de la division du conflit Chirac-Balladur. En cas d'échec, les clivages politiques sacrifiés sur l'autel du pragmatisme électoral ne tardent pas à resurgir, comme lors de la guerre de succession entre François Fillon et Jean-François Copé. De sorte qu'une candidate aux élections législatives peut constater: "On est comme un vieux couple, on s’aperçoit que l’habitude ne suffit plus et que tout est fini."

Louis Nadau