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Que reproche-t-on à Jean-Luc Mélenchon?

Une perquisition a notamment eu lieu au domicile de Jean-Luc Mélenchon ce mardi matin.

Une perquisition a notamment eu lieu au domicile de Jean-Luc Mélenchon ce mardi matin. - Anne-Christine Poujoulat - AFP

Les perquisitions menées mardi au domicile de l'eurodéputé et de ses collaborateurs ont été menées dans le cadre de deux enquêtes préliminaires: l'une sur les assistants parlementaires présumés fictifs, l'autre sur les comptes de campagne du mouvement.

Ambiance tendue entre Jean-Luc Mélenchon et la justice. Mardi dès 7 heures, des policiers se sont rendus au domicile du leader de la France insoumise et de certains de ses collaborateurs, ainsi que dans les locaux de LFI et du Parti de gauche. En tout, "près de 15 personnes" de son entourage ont été visées par ces perquisitions, selon l'avocat de Jean-Luc Mélenchon, Mathieu Davy. Les tensions entre plusieurs cadres du parti et les policiers ont donné lieu à l'ouverture d'une enquête pour "menaces" et "violences" mercredi. La France insoumise annonce de son côté déposer plainte pour "violences".

Ces perquisitions ont été menées par les policiers de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, dans le cadre de deux enquêtes. La première concerne des présumés emplois fictifs d'assistants parlementaires européens, ouverte à la suite de signalements de l'eurodéputée ex-FN Sophie Montel: elle accuse la France insoumise d'avoir fait financer par l'Union européenne le salaire de personnes qui travaillent en réalité pour le mouvement.

"Aucun de mes assistants n'a jamais exercé aucune responsabilité politique ni à l'intérieur du Parti de gauche, ni pour la France insoumise, jamais aucun de toute la période du Parlement européen", avait à l'époque réagi Jean-Luc Mélenchon. Mardi, il a dénoncé à nouveau "la dénonciation fantaisiste" de Sophie Montel, qui "elle-même avait avoué par la suite qu'elle n'était pas sérieuse".

"Nous allons publier la totalité des factures"

La seconde enquête porte sur les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon pendant la présidentielle. Elle a été lancée après deux signalements à la justice: l'un du président de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), l'autre de la cellule française de renseignement financier Tracfin.

Mardi, l'intéressé s'est de nouveau défendu: "la commission nationale des comptes de campagne présidentielle a validé le 13 février 2018 mes comptes, sans aucune irrégularité. Je suis d'accord pour qu'on reprenne tous mes comptes. Nous allons publier la totalité des factures. Mais je m'étonne qu'on ne perquisitionne pas aussi Emmanuel Macron dont les comptes font l'objet d'un signalement".

Si les comptes de campagne ont bien été validés, ils l'ont été avec de sérieuses nuances: la commission des comptes avait apporté des rectifications au budget du candidat. Elle avait ensuite envoyé un signalement à la justice dans laquelle elle relevait des prestations "intellectuelles" et "matérielles" facturées par des associations dirigées par des proches de Jean-Luc Mélenchon. Au printemps dernier, une enquête a été ouverte pour procéder à des vérifications. L'avocat de Jean-Luc Mélenchon assure que son client collabore avec la justice: "nous sommes depuis des mois (...) dans une démarche de transmission spontanée de tous les documents et pièces en notre possession", a-t-il affirmé.

A. K. avec AFP