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Soupçons d'emplois fictifs au Parlement européen: Mélenchon visé par une enquête

Jean-Luc Mélenchon.

Jean-Luc Mélenchon. - AFP

Le parquet de Paris a élargi ses investigations aux assistants parlementaires de l'ancien eurodéputé du parti de gauche. 19 autres parlementaires européens sont également visés après un signalement par Sophie Montel, eurodéputée FN.

Jean-Luc Mélenchon à son tour dans le collimateur de la justice. L'enquête portant sur les soupçons d'emplois fictifs d'attachés parlementaires au Parlement européen a été élargie aux activités de l'ancien eurodéputé du parti de gauche et de quatre de ses ex-assistants parlementaires, dont l'un d'entre eux est décédé. Comme 19 autres eurodéputés, Jean-Luc Mélenchon est soupçonné d'avoir rémunéré ses assistants parlementaires avec de l'argent européen alors qu'ils travaillaient pour son parti.

"Aucun de mes assistants n'a jamais exercé aucune responsabilité politique ni à l'intérieur du parti de gauche, ni pour la France insoumise, a réagit Jean-Luc Mélenchon. Jamais, aucun, de toute la période du Parlement européen. Je ne sais pas pourquoi on me cherche des noises."

19 eurodéputés "dénoncés"

Ces investigations font suite à un signalement au procureur de la République de Sophie Montel, comme l'a assuré l'eurodéputée FN à BFMTV, confirmant une information du Parisien. La parlementaire frontiste a adressé ce courrier à François Molins le 3 juillet dernier. Une démarche qu'elle avait déjà entrepris il y a quelque mois en envoyant un tableau Excel regroupant des informations sur plusieurs eurodéputés. Le parquet de Paris a alors joint ce signalement concernant Jean-Luc Mélenchon, aux investigations déjà en cours.

Le 22 mars dernier, le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire pour "abus de confiance" à l'encontre de 19 députés européens, dont les anciens ministres Brice Hortefeux et Michèle Alliot-Marie ou la MoDem Marielle de Sarnez. Des soupçons qui avait forcé la ministre des Affaires européennes du premier gouvernement Philippe à démissionner de son poste.

Deux autres enquêtes

Le Modem qui est également au coeur d'une autre enquête, ouverte également pour "abus de confiance" et recel de ce délit. En effet, une enquête préliminaire a été ouverte le 9 juin dernier après un signalement à la justice par un ancien collaborateur du parti centriste de la réalité de son emploi comme assistant parlementaire auprès de l'ancien eurodéputé Jean-Luc Bennahmias. Il affirmait avoir été embauché par le parti mais rémunéré sur l'enveloppe parlementaire du député européen.

Le début de cette affaire est né avec les soupçons d'emplois fictifs pesant sur le... Front national. Cette enquête, ouverte en 2015 et avait été élargie en décembre 2016, porte sur une quarantaine d'assistants parlementaires. Une information judiciaire avait alors été ouverte, menant à la mise en examen pour "abus de confiance" de Marine Le Pen. Le gendarme européen, qui a mené sa propre enquête, évalue le préjudice à 5 millions d'euros.

Justine Chevalier avec Sarah-Lou Cohen