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Quand Manuel Valls étrillait Emmanuel Macron

Manuel Valls le 15 décembre 2016 à la Rochelle.

Manuel Valls le 15 décembre 2016 à la Rochelle. - Xavier Leoty - AFP

Manuel Valls tourne le dos pour de bon à Benoît Hamon et votera donc Emmanuel Macron le 23 avril prochain. Il y a quelques mois, pourtant, l'ancien Premier ministre pensait peu de bien du fondateur d' "En marche!".

En expliquant qu'il ne "veut prendre aucun risque" face au Front national, Manuel Valls votera donc pour Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle, comme il l'a annoncé ce mercredi sur BFMTV et RMC. Il s'agit là d'un développement, imprévu il y a encore quelques semaines, de la relation jusqu'ici difficile entre les deux hommes. 

Ces derniers mois, Manuel Valls avait même tancé à plusieurs reprises, en privé comme en public, celui qui fut son ministre de l'Economie. C'est surtout au cours de l'été dernier que les choses s'étaient envenimées. 

Macron le "populiste"

Le 14 juillet 2016, peu après le premier meeting d'Emmanuel Macron avec son nouveau mouvement "En marche!", Manuel Valls, alors Premier ministre invite des parlementaires à Matignon. Il en profite pour critiquer vertement la position adoptée par son ministre de l'Economie devant ses troupes, comme se souvient ici Marianne:

"L’éthique de responsabilité, c’est ne jamais entretenir la rupture entre le peuple et ses représentants. On ne peut pas dénoncer un prétendu ‘système’ en cédant aux sirènes du populisme quand, circonstance aggravante, on est soi-même le produit le plus méritant de l’élite de la République."

Cette accusation à peine voilée va mûrir jusqu'à des termes beaucoup plus francs quelques mois plus tard. Le 2 octobre, à l'antenne de RTL, Manuel Valls explique que ce qui le sépare notamment de son désormais ex-ministre, c'est notamment sa "forme de populisme light". Manuel Valls évoque alors la "mise en cause des corps intermédiaires, des élus, des formations politiques" par le leader d'"En marche!". Quelques jours auparavant, Emmanuel Macron avait asséné que les "deux grands partis" étaient "l'amicale des boulistes". Un mot que son ancien supérieur a visiblement peu goûté. 

Macron dépeint en "déserteur"

Entre-temps, le départ d'Emmanuel Macron de Bercy a déjà contribué à aigrir les rapports entre les deux responsables politiques. Le 31 août, en déplacement dans son fief d'Evry, dans l'Essonne, Manuel Valls détaille devant des journalistes la situation difficile dans laquelle se trouve la France, évoquant "ces tensions mais aussi la menace du populisme". 

Le chef du gouvernement y voit une opportunité pour discréditer la démission d'Emmanuel Macron: "Dans ce moment-là, il faut servir son pays jusqu’au bout. On ne peut pas partir, on ne peut pas déserter". Manuel Valls met également en avant son attachement pour "la loyauté". 

Valls le décrivait comme un candidat "sans expérience ni vision"

Le 16 novembre dernier, enfin, Manuel Valls blâme Emmanuel Macron pour ce qu'il souligne comme un manque d'expérience. A Cergy-Pontoise dans le Val-d'Oise, il lâché encore ses coups contre Emmanuel Macron et sur ce thème, avec une pointe d'amertume: "Je sais bien qu’aujourd’hui, c’est la jeunesse qui compte sans expérience ni vision". 

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R.V.