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Quand la pollution exacerbe les crispations entre Anne Hidalgo et Valérie Pécresse

Anne Hidalgo et Valérie Pécresse.

Anne Hidalgo et Valérie Pécresse. - AFP

Depuis le début du pic de pollution en Ile-de-France, les dissensions se font sentir entre Anne Hidalgo à la mairie de Paris et Valérie Pécresse à la tête de la région. La lutte contre la pollution et la place de la voiture sont devenus des points d'opposition récurrents entre les deux élues.

La circulation alternée a été reconduite vendredi pour une quatrième journée consécutive. Une situation inédite alors que la région parisienne fait face à son pire pic de pollution depuis dix ans, selon Airparif.

Depuis le début de cet épisode de pollution il y a plus d'une semaine, les responsables politique avec en tête Anne Hidalgo à la mairie de Paris et Valérie Pécresse à la région Ile-de-France affichent leur engagement pour l'amélioration de la qualité de l'air. Un but commun qui cristallise pourtant les tensions, chacune assurant avoir pris toutes les mesures possibles pour lutter contre la pollution et fustigeant le camp adverse.

La circulation alternée, premier point d'accroche

Vendredi dernier pourtant la Région et la Ville semblent être sur la même longueur d'ondes. L'épisode de pollution est alors commencé depuis deux jours quand Anne Hidalgo et Valérie Pécresse formulent chacune de leur côté la demande de voir appliquer la circulation alternée. Toutes deux plaident d'ailleurs pour une mise en place automatique du dispositif dès le début des épisodes de pollution. Pourtant dimanche, après une réunion au cours de laquelle la préfecture de police a décidé de ne pas instaurer la circulation alternée pour la journée de lundi, le camp Hidalgo s'en prend à la région.

"Les représentants de la région ont suivi l'avis de la préfecture de police qui est de ne pas mettre en oeuvre la circulation alternée que demandait la mairie de Paris, je note qu'une fois de plus la région refuse de mettre en oeuvre la circulation alternée", dénonce Christophe Najdovski, adjoint au transports à la mairie de Paris.

Une attaque que balaye Valérie Pécresse réaffirmant être favorable à la circulation alternée. Quelques jours plus tard, la présidente de la région Ile-de-France demande pourtant d'abord son assouplissement puis sa suspension à cause d'importantes perturbations sur le RER B puis à la Gare du Nord. Une attitude fustigée par la mairie de Paris qui réclame au contraire des contrôles plus importants pour faire respecter la circulation alternée. 

Une sortie du diesel pas assez rapide pour Hidalgo

Anne Hidalgo veut par ailleurs débarrasser Paris du diesel, dont les gaz ont été classés cancérigènes par l'OMS. La maire de Paris s'est fixé pour objectif de bannir les véhicules diesel d'ici 2025, s'appuyant sur l'exemple de Tokyo. Mais Anne Hidalgo reproche à la région de tout faire pour reculer l'échéance d'un Paris sans diesel.

"Je n'accepte pas, en tant que maire de Paris, que la décision prise hier au sein du conseil du Syndicat des transports d'Ile-de-France soit de différer l'achat des bus propres non diesel à 2029", déclarait la maire de Paris ce jeudi.

Valérie Pécresse revendique de son côté les investissements réalisés, défendant une mesure "qui n'avait pas été lancée par la gauche" lorsqu'elle était majoritaire à la région. 

Au Conseil de Paris, les positionnement opposés sur ces sujets commencent à agacer certains élus. Au centre, Eric Azière déplore "une espèce de guerre larvée des territoires" depuis le changement de majorité à la droite et appelle à "arrêter le conflit" sur ces sujets "trop graves".

Carole Blanchard avec Anne Maquignon