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Présidentielle: pour Mélenchon et Macron, deux débats suffisent

Jean-Luc Mélenchon.

Jean-Luc Mélenchon. - FRED TANNEAU / AFP

Jean-Luc Mélenchon "ne souhaite pas mettre en jeu toute sa campagne 48 heures avant le vote". Emmanuel Macron, lui, doute du bien fondé de deux débats entre onze candidats.

Pourtant l'exercice lui réussit: dans son dernier post de blog, Jean-Luc Mélenchon étrille France 2 sur l'organisation d'un dernier débat télévisé le 20 avril, à trois jours du premier tour de l'élection présidentielle. Il annonce "ne pas croire possible de participer à une émission de cette nature au-delà du lundi 17 avril, compte tenu de son programme d’activité et de la construction de sa campagne".

Commençant par confier son "scepticisme" quant aux conditions des deux débats - dont celui du 4 avril, en direct sur BFMTV, réunissant les 11 candidats, le candidat youtubeur houspille des chaînes de télévision qui, selon lui, fixent arbitrairement le calendrier des débats: 

"La date est annoncée, écrit-il, et nous sommes en quelque sorte sommés de nous y plier sous peine de passer pour je ne sais quel affreux déserteur qui mépriserait ses concurrents et les téléspectateurs."

Pas de débat à 48 heures du scrutin

Le candidat de la France insoumise réserve cependant son courroux pour France 2:

"La chaîne ne s’est pas demandée si nous sommes d’accord pour mettre en jeu toute notre campagne 48 heures avant le vote, ni ce que nous avions prévu de faire à cette date, ni s’il est décent et conforme qu’une campagne électorale s’achève par un événement auquel il est impossible de répliquer le cas échéant."

Et le candidat de la France insoumise, en quatrième position dans les sondages, d'houspiller "L'émission politique" de la chaîne publique:

"Tenons compte des pratiques de la chaîne telle qu’on peut les observer dans le déroulement de l’odieuse "Émission politique", véritable traquenard qui fonctionne seulement comme un spectacle, dont la volonté de mise à mort est tellement évidente qu’elle est insupportable même quand un de nos adversaires (François Fillon, ndlr.) y est soumis! Il me paraît donc essentiel de ne pas accepter d’être réduit de cette façon grossière en 'chair à buzz'."

Macron pose ses conditions

Sans aller jusqu'à se décommander comme Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron a exprimé de grosses réserves lui aussi sur le dernier débat. Lors d'une conférence de presse consacrée à son projet de gouvernement ce mardi, il a déclaré:

"Le débat à onze, comme à cinq, est-il celui qui permet de faire ressortir les détails et les contradictions des programmes ? Notre fonction est-elle de tourner chaîne après chaîne devant toutes les télévisions ? Je n’en suis pas persuadé".

Le candidat d'En Marche! a aussi indiqué avoir jugé auprès de la direction de France 2 que le débat était trop "tardif".

Le CSA pour trancher

Emmanuel Macron a ajouté s'en "remettre au CSA". L'ex-ministre de l'Economie demande au régulateur de l'audiovisuel de "mettre autour de la table l’ensemble des chaînes pour que nous ayons un débat, et un débat à onze suffira, et en tout cas pas un débat de dernière minute".

L’autre débat à onze est celui organisé le 4 avril par BFMTV et Cnews.

Louis Nadau et Ghislain de Violet