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Présidentielle: les 7 victimes du "dégagisme"

Benoît Hamon, le 1er juillet 2017 à Paris.

Benoît Hamon, le 1er juillet 2017 à Paris. - Jacques Demarthon - AFP

Hollande, Juppé, Sarkozy, Hamon, Fillon… Des primaires au premier tour, l’élection présidentielle aura fait tomber plusieurs têtes emblématiques de partis, illustrant le “dégagisme” politique.

Les résultats du 1er tour de l’élection présidentielle, qui donnent Emmanuel Macron et Marine Le Pen en tête avec respectivement 23,75% et 21,53% des suffrages, marquent avant tout une forte volonté de renouvellement de la classe politique chez les Français. Le premier est le candidat d’un parti qui vient de fêter son premier anniversaire, la seconde incarne un parti qui s’est toujours positionné comme “anti-système”.

Ce résultat est la conclusion d’une campagne qui a fait valser les têtes des figures familières dans les partis traditionnels, de François Hollande à François Fillon.

Première victime: François Hollande

Premier président de la Ve République en exercice à ne pas se représenter, François Hollande est l’emblème du “dégagisme” et de la volonté de renouvellement de la classe politique. Avec une impopularité historique de 77% de mécontents à l’approche de la présidentielle, le président de la République a renoncé à se présenter le 1er décembre 2016.

Nicolas Sarkozy, le retour raté

"Face à tant de défiance à l'égard de la parole publique, je veux convaincre les Français que le débat de la campagne doit s'intégrer à part entière au mandat présidentiel", avait écrit Nicolas Sarkozy dans son livre Tout pour la France sorti fin août 2016, annonçant au passage sa candidature à la présidentielle. Les adhérents Les Républicains lui ont adressé une fin de non-recevoir dès le premier tour de la primaire à droite, le recalant à la troisième place avec 20,6% des voix. L’ancien président de la République devra se contenter d’un seul mandat.

Alain Juppé: quand c’est non, c’est non

  • Ses soutiens auront tout essayé, mais Alain Juppé n’a pas cédé. L’ancien Premier ministre, pourtant écarté à l’issue de la primaire à droite avec seulement 33,5% des votes, a un temps caressé l’hypothèse de se présenter comme un plan B de François Fillon. Le 18 mars, il avait même 313 parrainages enregistrés par le Conseil constitutionnel. Mais le candidat LR ne voulant pas se retirer, le maire de Bordeaux a confirmé le 6 mars, “une bonne fois pour toutes”, qu’il ne serait pas candidat.

Manuel Valls: une reconversion ratée

L’ex-chef du gouvernement de François Hollande n’a pas su convaincre lors de la primaire de la gauche et des écologistes. Eliminé au second tour face à Benoît Hamon avec un peu plus de 41% des voix, Manuel Valls avait expliqué dès la fin du vote qu’il serait “difficile de défendre des choses [qu’il n’avait] pas porté”.

En fin de compte, l’ex-Premier ministre ne soutiendra pas le candidat officiel du Parti socialiste et votera pour Emmanuel Macron, qui le remerciera mais insistera sur Europe1 sur le “renouvellement des visages”.

Arnaud Montebourg, frondeur déçu

Le frondeur comptait sur la primaire de la gauche et des écologistes pour se refaire une place sur la scène politique. Il ne sera pourtant que le troisième homme de la primaire et fera campagne pour Benoît Hamon. Retour raté pour celui qui a été deux fois ministre et secrétaire national du PS chargé de la rénovation.

Benoît Hamon, le sacrifié du Parti socialiste

  • Il avait pourtant remporté la primaire de la gauche et des écologistes face à l’ex-Premier ministre, avec plus de 58% des voix. Candidat officiel du PS, Benoît Hamon a progressivement été lâché par les sympathisants comme par les cadres de son parti, au profit d’un Mélenchon plus à gauche ou d’un Macron plus libéral. Verdict: 6,35% au premier tour de la présidentielle, pire score pour le PS depuis 1969.

François Fillon, le troisième homme

C’est la première fois que la droite est absente du second tour de l’élection présidentielle (ou selon les points de vue, la second fois après Giscard-Mitterrand en 1981). L'ancien Premier ministre a reconnu “ne pas avoir réussi à convaincre” les électeurs: “les obstacles mis sur ma route étaient trop nombreux”, a-t-il regretté dimanche soir lors de son discours à l’issue du scrutin. De nombreux ténors du parti n’ont d’ailleurs pas hésité à rejeter la faute uniquement sur le candidat et non sur la droite, après une campagne fortement marquée par les affaires. Les LR, qui doivent désormais se trouver un nouveau chef, sont convoqués à un bureau politique ce lundi après-midi.

Liv Audigane