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Pour Macron, "certains" devraient chercher du travail "au lieu de foutre le bordel"

En visite mercredi après-midi en Corrèze, Emmanuel Macron a considéré que les salariés de GM&S devraient chercher du travail dans la fonderie voisine d'Ussel au lieu de "foutre le bordel" en marge de son déplacement.

Lors de l'inauguration d'un campus à Égletons, en Corrèze, Emmanuel Macron s'est agacé de voir les salariés de GM&S, accompagnés de plusieurs élus locaux, l'attendre sur place pour l'interpeller sur la situation de leur entreprise. Le chef de l'Etat s'adresse alors à Alain Rousset, le président de la région Nouvelle Aquitaine:

"Il y en a certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas, parce qu’il y en a qui ont les qualifications pour le faire", s'est agacé le chef de l'Etat, faisant référence à la fonderie voisine Constellium d’Ussel.

Une petite phrase incendiaire, dans un climat social tendu après la promulgation des ordonnances réformant le code du Travail. Le porte-parole de la présidence Bruno Roger-Petit a très rapidement tenté d'éteindre la polémique. "Citation tronquée sortie de son contexte. EmmanuelMacron a rappelé que la recherche de solutions en matière d'emploi dépend de la responsabilité de tous les acteurs. Exemple: Whirlpool", a-t-il tweeté.

Selon l'Elysée ce mercredi soir, le Président ne désigne pas de la sorte les manifestants de GM&S, mais la situation à la fonderie Constellium.

La députée des Yvelines Aurore Bergé a également défendu Emmanuel Macron, estimant que ce dernier "ne désigne personne par cette expression".

"Ce que dit le président de la République, c'est assez simple. Il dit qu'il y a du boulot, de l'emploi, des solutions qui existent. Chacun doit prendre sa responsabilité, l'Etat doit prendre les siennes, nous on prend les nôtres. (...) Il dit ni plus ni moins ça, chacun est placé devant ses responsabilités parce que des solutions existent"

Début septembre, le tribunal de commerce de Poitiers a validé la reprise par GMD de GM&S, l'équipementier automobile de La Souterraine, dans la Creuse, placé en liquidation judiciaire. Au total, sur les 276 emplois du groupe, seuls 120 seront conservés.

En marge de la visite présidentielle, des heurts ont éclaté plus tôt dans la journée entre les salariés de l'entreprise, accompagnés de plusieurs élus, et forces de l'ordre, comme en attestent ces images de France Bleu Limousin.

Cette nouvelle déclaration d'Emmanuel Macron s'ajoute à plusieurs sorties du chef de l'Etat dirigées contre ses opposants politiques. Il considérait ainsi récemment que "la démocratie n'était pas la rue", et prévenait qu'il ne céderait rien "ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes".

Louis Nadau