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Le chef des conservateurs polonais étrille Macron

Emmanuel Macron

Emmanuel Macron - LUDOVIC MARIN / AFP

Pour le chef des conservateurs polonais Jaroslaw Kaczynski, Emmanuel Macron n'est pas "un homme politique responsable", mais "un homme politique vedette".

Le chef des conservateurs polonais Jaroslaw Kaczynski voit en Emmanuel Macron davantage "une vedette" qu'un "politicien responsable", a-t-il révélé dans une interview publiée mercredi.

Il y puise un argument pour s'opposer à l'introduction d'un système présidentiel en Pologne, que souhaite le chef de l'Etat Andrzej Duda.

"Malheureusement à notre époque il arrive souvent que l'élection présidentielle se transforme en une sorte de plébiscite remporté non pas par un homme politique responsable, mais plutôt par un homme politique vedette", a-t-il déclaré à l'hebdomadaire de droite Gazeta Polska. "L'exemple de la France montre de façon frappante combien de mal peut provoquer une telle situation", a-t-il ajouté.

"En marge"

Le torchon brûle entre Paris et Varsovie depuis l'automne 2016 et l'annulation par le gouvernement conservateur du contrat de vente de 50 hélicoptères Caracal d'Airbus. La Première ministre polonaise Beata Szydlo ne manque pas de propos critiques à l'égard du Président français, qui n'hésite pas à lui renvoyer la balle.

Beata Szydlo l'a accusé de "saper les piliers de l'Union Européenne" et d'y "introduire le protectionnisme", dans le contexte de la querelle entre Paris et Varsovie sur les travailleurs détachés.

Fin août, le président Macron a réagi en affirmant que la Pologne "se met en marge" de l'Europe et "décide d'aller à l'encontre des intérêts européens sur de nombreux sujets". Propos aussitôt qualifiés d'"arrogants" par la Première ministre polonaise.

La publication de l'interview du chef de file conservateur coïncide avec la visite à Varsovie de Nathalie Loiseau, ministre française chargée des Affaires européennes. Il s'agit de la première visite d'un membre du gouvernement français depuis celle de Jean-Marc Ayrault, à l'époque chef de la diplomatie, les 13 et 14 juin 2016.

L.N. avec AFP