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Port d'arme "pour sa sécurité personnelle": un haut fonctionnaire de la préfecture contredit Benalla

Alexandre Benalla

Alexandre Benalla - ALAIN JOCARD / AFP

Face aux sénateurs ce mercredi, Yann Drouet, ex-directeur de cabinet du préfet de police, a affirmé sous serment que le port d'arme d'Alexandre Benalla ne lui avait pas été délivré pour sa "sécurité personnelle", contrairement à ce qu'affirme l'ancien chargé de mission de l'Elysée.

Le démenti n'aura pas tardé, et il est cinglant. L'autorisation de port d'arme à Alexandre Benalla a été délivrée "dans le cadre de ses missions" et non pour "sa sécurité personnelle", a affirmé mercredi l'ex-directeur de cabinet du préfet de police de Paris, Yann Drouet, contredisant ainsi formellement les propos de l'ex-chargé de mission d'Emmanuel Macron.

"Ce n'est pas pour sa sécurité personnelle que le port d'arme lui a été octroyé", a déclaré Yann Drouet devant la commission d'enquête sénatoriale. "C'est dans le cadre de ses missions, de sa fonction, de la mission qu'on a considérée comme étant une mission de police et du fait qu'il est, dans le cadre de ses fonctions, manifestement exposé à des risques d'agression", a-t-il détaillé.

L'ancien chef de cabinet du préfet, aujourd'hui secrétaire général de la coordination nationale du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, était interrogé sur l'obtention du permis de port d'arme d'Alexandre Benalla délivré par la préfecture de police de Paris en octobre 2017.

"Exposé à des risques"

"On a considéré son action de coordination des services de sécurité de la présidence, on a estimé qu'il exerçait sa mission auprès du président de la République - une des personnalités les plus exposées de France dans un contexte de menace terroriste des plus élevées - et on a considéré que, dans le cadre de ses fonctions, dans le cadre de sa mission, il était manifestement exposé à des risques", a encore ajouté Yann Drouet.

Interrogé quelques heures plus tôt, Alexandre Benalla a pourtant expliqué aux parlementaires avoir fait une demande de port d'arme "à titre personnel", "pour des motifs de défense et de sécurité personnels".

"Je confirme sous serment que c'est un courriel du directeur de cabinet du président de la République qui a déclenché l'instruction du dossier", a pour sa part indiqué Yann Drouet. "Durant les deux ans et demi que j'ai passés à la préfecture de police, c'est la seule demande de port d'arme que nous avons reçue de la présidence de la République", a-t-il par ailleurs souligné.
Louis Nadau avec AFP