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Alexandre Benalla et son port d'arme pour "raison personnelle"

Alexandre Benalla a reconnu avoir porté son arme à quelques reprises lors de déplacements.

Alexandre Benalla a reconnu avoir porté son arme à quelques reprises lors de déplacements. - AFP

Alexandre Benalla a expliqué que sa demande d'autorisation de port d'arme reposait sur une démarche personnelle en raison des "menaces" éventuelles qui pesaient sur sa personne.

"De mon point de vue, on est exposé." Alexandre Benalla a longuement été interrogé par les sénateurs ce mercredi sur sa demande de port d'arme lors de son arrivée à l'Elysée. "J’ai fait une demande à titre personnelle d’autorisation de port d’arme pour des motifs de défense personnelle", a-t-il répété, allant jusqu'à citer les règles de loi pour justifier sa démarche et balayer l'idée qu'il aurait pu procéder à des activités de sécurité pour la présidence.

"Sur l’autorisation de port d’arme, la mission de police n’est pas un préalable à la délivrance de l’autorisation de port d’arme, martèle-t-il. Il est prévu par les textes que peut se voir délivrer tout fonctionnaire exposé à des risques dans le cadre de ses fonctions une autorisation de port par le préfet territorial compétent."

Autorisation délivrée par le préfet

En 2013, puis au mois de janvier 2017 et enfin en juin 2017, Alexandre Benalla a déposé des demandes d'autorisation de port d'arme auprès du ministère de l'Intérieur. Toutes ont été refusées. Pour le jeune homme, les refus ont seulement été motivés par des raisons "administratives", et non pour des raisons en lien avec son profil. Toutefois, le 13 octobre 2017, l'autorisation lui est délivrée cette fois ci par arrêté du préfet de police de Paris.

"Patrick Strzoda (le directeur de cabinet de l'Elysée, NDLR) a dû décrocher son téléphone et demander à Michel Delpuech de considérer ma demande", explique simplement Alexandre Benalla pour justifier l'absence de document écrit portant sur sa demande.

Le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, avait expliqué lors de son audition avoir autorisé le port d'arme de l'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron après une demande de l'Elysée, "dans le cadre des fonctions liées à la sécurité qu'exerçait monsieur Benalla". "Ils ont pris un certain nombre de considérants pour délivrer une autorisation officielle qui me permettait de justifier les moments où je porte mon arme", estime alors Alexandre Benalla évoquant la "menace" terroriste mais aussi d'autres menaces qu'il ne veut pas évoquer, en tant que proche du chef de l'Etat.

Une arme lors des déplacements

Au quotidien, l'ancien chargé de mission assure ne pas s'être servi de son arme, ni d'avoir réalisé des opérations de sécurité. "Je venais le matin avec mon arme à la ceinture et je repartais chez moi avec mon arme à la ceinture", a-t-il avancé, reconnaissant avoir porté son arme dans l'enceinte de l'Elysée "deux fois". Il justifie cette situation par une question de confort lui évitant de repasser par son bureau lorsqu'il allait à un rendez-vous lorsqu'il quittait son domicile. 

"Si j’étais en qualité de précurseur et que je partais de chez moi, il a pu arriver que j’ai eu une arme sur moi, c’est possible, expose-t-il. Il a pu arriver que j’ai eu une arme sur moi à l’occasion d’un déplacement privé."

Ces explications d'Alexandre Benalla sont loin de convaincre les sénateurs alors que l'arrêté de la préfecture de police précise que la demande d'autorisation de port d'arme portait la mention "chargé d'une mission de police" pour qualifier Benalla. "Cette audition "n'a pas fait avancer la vérité car on est toujours devant les mêmes invraisemblances. Ce qui est très gênant c'est qu'on se sente baladés et qu'on puisse nous asséner des contrevérités contredites par les faits, comme ça, sous serment", a critiqué François Grosdidier, sénateur LR, à la sortie de l'audition.

"Il faut que le grand public sache que les conditions d’obtention et de détention de port d’arme en France sont extrêmement précises, exigeantes. Elle répond à l’article 315-5 du code de la sécurité intérieure, rappelle David Le Bars, du syndicat des commissaires de la police nationale. Il faut avoir une profession ou une situation qui fait que vous êtes particulièrement menacé et vous entrez dans un processus juridique avec des enquêtes très poussées qui sont menées, qui arrivent ensuite au niveau de la DLPLJ qui en dernier lieu donne ou pas l’autorisation du port d’arme."
Justine Chevalier