BFMTV

Philippot estime que le FN n'a "aucune chance" de gagner en l'état

Florian Philippot, vice-président démissionnaire du Front national, défend sa ligne souverainiste et estime que le retour aux fondamentaux du parti ne lui permettra pas de gagner.

À l'en croire, le Front s'égare. Invité de BFM Politique ce dimanche, le désormais ex vice-président du FN Florian Philippot a estimé que "le parti tel qu’il évolue actuellement, il n'a aucune chance de gagner". Le souverainiste, artisan de la dédiabolisation, dénonce un "rétrécissement" de la formation d'extrême droite sur ses fondamentaux. Il constate:

"On a entendu des cadres dire qu’il fallait mettre le paquet sur l’immigration et la sécurité. Ce qui avait fonctionné, et qui m’avait convaincu, c’était l’élargissement, la professionnalisation. C’était de devenir de plus en plus audible sur l’école, sur la défense, l’innovation, les petites retraites".

Celui qui estime que "maintenant Marine (Le Pen, NDLR.) est bien seule" - entourée de "cadres mégrétistes" comme Philippe Olivier - affirme, contrairement à la présidente du Front national, qu'un changement de ligne est en cours dans le parti.

Frexit

Le contempteur de la monnaie unique déplore que la sortie de l'Union européenne en général et de l'euro en particulier ne soit plus la priorité du FN. Ce qui explique selon lui la transparence du Front national depuis la rentrée politique.

"Si on abandonne le combat pour la souveraineté, on devient incohérent", juge Florian Philippot. "Si vous ne dites plus que la loi travail est une exigence européenne, vous devenez aphone."

Rejetant l'idée d'une alliance avec Laurent Wauquiez, "européiste et immigrationiste", l'ancien conseiller spécial de Marine Le Pen campe sur ses positions.

"Tous ceux qui vendent aux Français plus de protection économique, plus de protection culturelle, et une régulation forte de l’immigration, sans proposer un Frexit organisé, sont en réalité dans le mensonge", répète Florian Philippot.

Une attaque qui vise désormais autant Les Républicains que le Front national.

Louis Nadau