BFMTV

Loi Macron: le nouveau tacle de Martine Aubry

Martine Aubry le 13 septembre 2014 à Lomme, dans le Nord.

Martine Aubry le 13 septembre 2014 à Lomme, dans le Nord. - Philippe Huguen - AFP

La maire PS de Lille a critiqué mercredi l'utilisation du 49.3 pour faire passer la loi Macron. Pour elle, "il aurait fallu continuer à discuter".

Une déclaration de plus que les responsables socialistes risquent de peu apprécier. Mercredi, Martine Aubry a sèchement critiqué la méthode de Manuel Valls, qui a décidé mardi dernier d'avoir recours à l'article 49.3 de la Constitution pour faire passer la loi Macron. Si le refrain des frondeurs circulait de façon bien rodée depuis mardi dans les couloirs de l'Assemblée, la charge la plus lourde est donc venue de la maire de Lille. "Le rôle du gouvernement, c'est de rassembler sa majorité par le débat. On ne peut pas passer en force contre sa majorité dans un pays qui va si mal", a-t-elle lancé lors d'un déplacement à Toulouse, dans le cadre des élections départementales.

"Plus de mille amendements déposés"

"Monsieur Macron a discuté et il a eu raison de le faire, et il est revenu sur certains sujets, les notaires, le secret des affaires", reconnaît Martine Aubry. Mais pour elle, "Il aurait fallu continuer à discuter, et que chacun prenne sa part de responsabilité. Mes proches se seraient abstenus, ils l'ont dit hier parce qu'ils pensaient qu'il y avait encore une séance et qu'on pouvait discuter".

Pas assez de débat dans l'hémicycle? Pour les partisans de la ligne Valls, l'argument ne tient pas. "Nous avons eu près de trois semaines de débats, pratiquement jour et nuit", rappelle sur BFMTV le député socialiste Christophe Caresche. "Emmanuel Macron nous a répondu de manière très complète, et plus de mille amendements ont été adoptés. Beaucoup de députés m'ont dit que c'était le texte sur lequel nous avions le plus discuté, et sur lequel nous députés avons été le plus entendu".

Une majorité ressoudée contre la motion de censure?

Ce n'est pas la première fois que Martine Aubry s'en prend au texte du ministre de l'Economie. En décembre dernier, l'ancienne ministre du Travail avait même soigneusement perturbé la communication gouvernementale, en publiant une tribune dans Le Monde dans laquelle elle s'opposait à l'ouverture des commerces le dimanche. Quelques minutes plus tard, Manuel Valls organisait une présentation du texte devant la presse avec plusieurs ministres.

Une sortie que le Premier ministre avait peu apprécié. Désormais, le PS traverse une sérieuse zone de turbulences. C'est peut-être le débat sur la motion de censure déposée par l'UMP, qui aura lieu ce jeudi entre 16h et 18 heures, qui permettra de ressouder une majorité désunie. Les frondeurs ont assuré qu'ils voteraient contre.

dossier :

Martine Aubry

A. K.