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Travail du dimanche: François Hollande répond à Martine Aubry

François Hollande, Martine Aubry et Manuel Valls lors de la primaire PS en 2011

François Hollande, Martine Aubry et Manuel Valls lors de la primaire PS en 2011 - Joël Saget - AFP

Martine Aubry a ouvertement critiqué la loi Macron dans une tribune publiée par Le Monde, le jour de la présentation de la loi par le ministre de l'Economie. Si François Hollande semblait jusque-là rester au-dessus de la mêlée qui oppose la maire de Lille à certaines figures du gouvernement, il a finalement choisi de riposter, jeudi.

Dans la guerre à distance que se livrent Martine Aubry et Manuel Valls, François Hollande préférait rester en retrait. Mais les attaques répétées de la maire de Lille contre la politique économique du gouvernement, celle du président donc, commencent à agacer à l'Elysée. Ainsi la tribune de Martine Aubry critiquant le travail le dimanche prévu dans loi Macron, publiée dans Le Monde le jour-même de la présentation de la loi en Conseil des ministres et à la presse, a laissé un goût amer à François Hollande.

Jeudi, le président a répliqué à Martine Aubry. "Si on travaille un peu plus le dimanche pour certains, ceux qui le veulent, dans les zones touristiques par exemple, ça prend des droits à qui?", s'est interrogé le président français à l'issue du sommet européen.

"Cela n'enlève rien à personne", estime Hollande

"A personne, puisque ça va permettre même de mieux compenser les salaires de ceux qui travaillent à ces heures-là". "Ca n'enlève rien à personne et je trouve que c'est un bon exemple de ce qu'il convient de faire", a-t-il insisté. Martine Aubry, la maire PS de Lille, a jugé que l'ouverture accrue des commerces le dimanche, prévue par le projet de loi Macron, était une "régression". "Qu'il y ait des débats sur travail le dimanche, j'en ai toujours connu", a observé François Hollande.

"Ce qui m'intéresserait, ce serait d'avoir la position de l'opposition", a-t-il poursuivi. "Je ne l'entends pas là-dessus, sur les professions réglementées, sur l'épargne salariale, sur la concurrence pour les transports", a-t-il attaqué. Pour le président, "les meilleurs lois" sont celles qui "accordent des droits supplémentaires sans en enlever d'autres".

"L'après-Hollande" en jeu

Ce n'est pas la première fois que le président est désavoué publiquement par sa propre famille politique, notamment par Martine Aubry. En octobre dernier, la maire de Lille avait déjà affirmé au JDD être candidate.... "au débat d'idées". Une façon de se rappeler au bon souvenir de Manuel Valls et François Hollande, alors que le congrès du PS se tiendra en 2015 et que l'après-Hollande semble avoir déjà commencé. "Elle est la voix la plus importante comme alternative",assurait ainsi le frondeur PS Laurent Baumel. Surtout, "la sortie de Martine Aubry ouvre d’ores et déjà l’après-Hollande", expliquait également à BFMTV.com Gérard Grunberg, politologue au Cevipof, qui prédit déjà "une primaire Valls-Aubry" à gauche en 2016. 

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Martine Aubry

Sandrine Cochard avec AFP