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La Rochelle: Valls recadre Macron sur les 35 h et arrive en patron

Le Premier ministre se rend samedi à l'université d'été du PS, à La Rochelle, après avoir défendu la veille un symbole de la gauche, les 35 heures, critiquées par Emmanuel Macron.

La grand-messe annuelle des socialistes s'est ouverte vendredi à La Rochelle, pimentée par la sortie d'Emmanuel Macron, la veille, sur les 35 heures. La clarification, plutôt cinglante, ne s'est pas faite attendre: "pas de remise en cause des 35 heures", a assuré depuis Châlons-en-Champagne Manuel Valls, défendant ce totem de la gauche. Un recadrage qui permet au Premier ministre d'arriver samedi en position de force à La Rochelle.

"Il ne divise pas son camp, il le rassemble, comme il l'a fait à Poitiers lors du congrès. Manuel Valls est chez lui ici, il est dans sa famille, assure à BFMTV Luc Carvounas, sénateur PS du Val-de-Marne".

Un changement de taille par rapport à l'an dernier: lors de la précédente université d'été, Manuel Valls devait encore faire ses preuves dans les rangs du PS, quelques jours après avoir évincé Arnaud Montebourg et Benoît Hamon du gouvernement, et déclaré sa flamme au Medef. 

Les frondeurs restent sur leurs gardes

Pourtant, les dossiers sensibles ne sont jamais loin. Maintien du milliard d’allègement de charges pour les entreprises au titre du pacte de responsabilité, ou encore réforme du marché du travail. Deux dossiers essentiels pour Manuels Valls, mais qui passent toujours mal chez les frondeurs. "J'ai vu encore un esprit de fermeture là où nous voulions du dialogue, là où une majorité de socialistes considérait qu'il y avait d'autres politiques possibles", estimait vendredi Christian Paul, député PS de la Niève, interrogé par BFMTV.

Mise en garde également du côté de Yann Galut, député PS du Cher, rencontré par BFMTV à La Rochelle. "Manuel Valls est un Premier ministre qui est reconnu par tous, qui a son orientation, mais s'il veut réussir et renouer avec la majorité du parti et à l'Assemblée nationale, il doit tenir compte de ce que les socialistes ont exprimé pendant le congrès" (à Poitiers, en juin dernier, ndlr). Le Premier ministre voulait une rentrée sereine. Il devra d'abord apaiser les esprits dans son camp.

A. G. avec Antoine Delcourt