BFMTV

En pleine reconstruction, le PS peine à se faire entendre face à la France insoumise

Olivier Faure et Jean-Christophe Cambadélis lors d'une conférence de presse du Parti socialiste le 15 janvier 2013

Olivier Faure et Jean-Christophe Cambadélis lors d'une conférence de presse du Parti socialiste le 15 janvier 2013 - BERTRAND GUAY / AFP

Depuis sa débâcle à la présidentielle puis aux législatives, le Parti socialiste peine à se rassembler autour d'un projet commun. Une dispersion qui profite à Jean-Luc Mélenchon qui se présente comme le premier opposant face à Emmanuel Macron.

Entre règlements de compte et tâtonnements sur sa ligne politique, le PS, qui se voit comme la seule "opposition responsable de gauche" à Emmanuel Macron, reste peu audible face au tribun Jean-Luc Mélenchon et à ses "Insoumis".

Illustration des difficultés à tenir un discours clair : les hésitations des socialistes sur leur participation ou non à la manifestation du 12 septembre à l'appel de la CGT contre la réforme du code du travail. Vendredi, le président du groupe Nouvelle Gauche à l'Assemblée, Olivier Faure, a semblé trancher en annonçant que le PS n'y participerait pas, mais dans la soirée, le numéro deux du parti Rachid Temal a indiqué que la décision sur les actions du PS serait prise "lundi au bureau national".

La question de la réforme du travail est particulièrement glissante pour le PS : comment faire comprendre à l'opinion qu'il y est hostile, alors que le projet du gouvernement apparaît pour beaucoup comme le prolongement de la "loi travail" portée par Myriam El Khomri en 2016?

Dans un communiqué, la rue de Solférino s'est efforcée d'expliquer que la réforme actuelle reprenait des éléments de la "version 1" de la loi El Khomri justement rejetés par le PS (notamment sur ce qui concerne les règles du licenciement). Mais au sein-même du PS, certains ne peuvent s'empêcher d'ironiser sur ce qu'ils décrivent comme un revirement.

"Moi, je m'étais opposé à la loi El Khomri (...) on peut dire que le PS a peut-être changé, mais la rivière est revenue dans son lit", a raillé vendredi sur RFI François Kalfon.

Des règlements de comptes à répétition

Ces dissensions, suite logique des déchirements qui ont marqué le quinquennat Hollande, surviennent après un été marqué par les règlements de compte, où le candidat à la présidentielle Benoît Hamon a été attaqué par les "hollandais" Stéphane Le Foll et Julien Dray sur le montant de ses dépenses de campagne, et le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis sur sa gestion du parti.

Les déclarations estivales de François Hollande, perçues comme une manière de positionner les siens en vue du Congrès de 2018, n'ont pas non plus fait l'unanimité. "Les débats de l'été c'était un peu pathétique... le retour de François Hollande, les saillies de Le Foll... Si notre projet c'est le retour de François Hollande il faut qu'on fasse autre chose", commente un membre de la direction collégiale.

Jean-Luc Mélenchon, meilleur opposant face à Emmanuel Macron

Ces polémiques font bien les affaires de Jean-Luc Mélenchon, perçu par les Français comme le mieux à même d'incarner l'opposition à Emmanuel Macron, selon un sondage Ifop pour le JDD publié la semaine dernière.

Dans son discours de rentrée à Marseille, le chef de file de la France insoumise n'a pas manqué de le souligner : "Nous ne sommes pas nous prostrés (...) à nous disputer les uns avec les autres les maigres os qui restent après le festin des puissants. Non. Nous avons réglé tous les problèmes qui vont occuper pour des mois encore tous les autres", s'est-il félicité, en citant les problèmes "de leadership", "d'égo", de "programme" et de "stratégie" des autres partis.

Côté PS, on espère que le temps permettra aux socialistes de redresser la tête, et d'apparaître comme une "véritable alternance" face à un Jean-Luc Mélenchon enfermé dans sa "radicalité". "Ce n'est pas parce qu'on fait du bruit qu'on est les meilleurs opposants, on est meilleur opposant car on est meilleur proposant", souligne Olivier Faure.

Me.R. avec AFP