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Adrien Quatennens, le fer de lance de l'opposition "insoumise" à la réforme du Code du travail

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Adrien Quatennens, député élu dans la Ière circonscription du Nord, est monté au créneau ce lundi à l'Assemblée pour marquer l'opposition de son groupe des "Insoumis" à la réforme du Code du travail prônée par la majorité.

Adrien Quatennens, député élu dans la Ière circonscription du Nord et membre de la commission des Affaires sociales, est le premier à croiser le fer avec la majorité pour le compte des "Insoumis" au sujet de la réforme du Code du travail. Ce lundi, alors que l'Assemblée nationale, a commencé à examiner le projet de loi d'habilitation qui doit permettre, s'il est adopté, au gouvernement de modifier le droit du travail par ordonnances, il est monté à la tribune pour signifier l'opposition franche et massive de son groupe aux projets du gouvernement:

"Pour notre part, nous vous opposons un grand ‘Non’. Vous n’aurez pas notre blanc-seing pour pouvoir jouer les apprentis-sorciers avec le Code du travail."

Une comparaison pharmaceutique

Si cette position n'a rien d'une surprise, elle a succédé à plusieurs attaques en règles. Il a d'abord filé la comparaison pharmaceutique. 

"Vous avez fait vos calculs. Vous savez que la pilule que vous souhaitez faire avaler avec ce projet de loi ne peut l’être par quiconque prendrait le temps d’en analyser la composition réelle, la taille et les effets secondaires. Vous avez donc décidé de profiter d’un moment de relâchement dans le pays pour nous mettre l’entonnoir dans la bouche et nous faire avaler la pilule et le litre d’eau qui va avec, en quelques instants ni vu, ni connu, pas vu, pas pris", a-t-il dit, dans une intervention qui ne manquait donc pas de cachet. 

"C'est un meurtre avec préméditation"

S'adressant à Brigitte Bourguignon, présidente de la commission des Affaires sociales, il n'a pas hésité non plus à égratigner les représentants de "La République en marche". "Il y a eu des moments qui à mon avis resteront dans l’histoire du parlementarisme français. Comme par exemple, quand la présidente madame Bourguignon, a dû s’y reprendre à plusieurs fois pour que les députés de la majorité comprennent que nous étions en train de voter un article tout entier et qu’il était de bon ton qu’ils prennent conscience que nous étions en train de voter. Il fallait voir le nombre d’yeux en forme de point d’interrogation dans cette commission pendant l’analyse d’un texte à la portée pourtant historique", a-t-il lancé. 

Salle des quatre colonnes, il n'a pas désarmé. Face aux journalistes, il a continué à ferrailler: "C’est un meurtre avec préméditation. Pourquoi? Parce qu’on refuse de croire que ce sont seulement des bonnes intentions qu’il y a derrière." Ironique, il a voulu illustrer son propos: "On sait bien que Marcel qui rentre le matin dans l’entreprise et qui y va bien sûr en sifflotant parce que tout va bien, il arrive à son bureau et il dit à son patron: ‘Aujourd’hui, on va dialoguer socialement de mon salaire’. Non, ça ne se passe pas comme ça et les gens le savent bien."

Un an après l'adoption de la loi El Khomri, la ministre du Travail Muriel Pénicaud n'est pas au bout de ses peines. 

Robin Verner