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Création d'une cellule de soutien face au coup de mou de certains députés LaREM

Pacôme Rupin et Richard Ferrand à l'Assemblée nationale le 2 août 2017.

Pacôme Rupin et Richard Ferrand à l'Assemblée nationale le 2 août 2017. - JACQUES DEMARTHON / AFP

Une dizaine de députés La République en marche est sur le point de fonder un groupe informel de soutien, alors que de nombreux élus sont dépassés par le rythme de la vie parlementaire.

Après SOS amitié, SOS députés? Un groupe informel est en passe d'être créé par quelques députés de la République en Marche afin de soutenir les élus en proie à des difficultés ou des états d'âmes. Car six mois après leur arrivée à l'Hémicycle, les députés LaREM, dont beaucoup ont découvert en juin le travail parlementaire, sont épuisés. Alors que Christophe Castaner vient tout juste d'être élu à la tête du mouvement, les signes de fébrilité se multiplient.

Une centaine d'élus et d'adhérents ont démissionné collectivement vendredi, avant le Congrès. La veille, un débat de dernière minute a été organisé entre les quatre listes qui se disputaient la tête du parti, pour répondre à la grogne de nombreux élus critiquant le mode du scrutin et le manque de démocratie interne. Mais à la fatigue morale de certains s'ajoute pour beaucoup un épuisement physique.

Coup de fatigue

"Le calendrier législatif du premier trimestre 2018 sera très intense", prévenait l'entourage d'Edouard Philippe dans Le Monde samedi. Dans l'Hémicycle, la cadence de ces six derniers mois a déjà été très intense. "Un rythme quasi de crise", explique cette source, qui prévient que "ça va continuer". La semaine qui s'ouvre ne dérogera pas à cette règle: mardi, l'Assemblée discutera des ordonnances sur la réforme du code du travail avant leur rectification. Le budget 2018 doit être voté le même jour en première lecture. Au menu également, le projet de loi de réforme de l'accès à l'université.

"Il n’y a pas de crise politique mais un vrai coup de fatigue qui suscite des interrogations individuelles, observe un néo-député. Il faut y être attentif, certains d’entre nous sont à fleur de peau", confie un nouveau député cité par L'Opinion ce lundi matin.

Une dizaine de députés

Face à ce diagnostic, une dizaine de députés désireux de préserver la "bienveillance" chère à En Marche a décidé de se réunir pour proposer des solutions aux problèmes rencontrés par certains collègues et former un point d'appui au sein de l'Hémicycle. Comme le rapporte le quotidien, ces élus officialiseront la semaine prochaine un groupe baptisé "Care". Tous ont en commun d'avoir été missionnés par Richard Ferrand, leur chef de file, pour réfléchir à l'organisation du prochain séminaire parlementaire, prévu au printemps.

"Notre préoccupation principale est l'autre", résume l'un d'eux.

Parmi eux, Frédérique Dumas, élue des Hauts-de-Seine, qui explique que "chaque député peut aller voir un député du Care en toute confiance". Laurent Pietraszewski, député du Nord et ancien DRH d'Auchan, fait lui aussi partie de l'aventure. Aux côtés de Pacôme Rupin et Pierre Person, jeunes députés de Paris, mais aussi de leurs collègues de Dordogne et de la Drôme, Jacqueline Dubois et Célia de Lavergne.

Charlie Vandekerkhove