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Cahuzac: la commission a les "preuves" que Hollande savait dès décembre

François Hollande

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Son président Charles de Courson affirme que le président de la République savait pour le compte suisse de Jérôme Cahuzac dès le 15 décembre 2012. L'ex-ministre du Budget n'avait démissionné que le 19 mars 2013.

La commission Cahuzac, censée déterminer les responsabilités au sein de l'appareil de l'Etat, est parvenue à répondre à sa principale interrogation selon son président Charles de Courson. L'élu UDI a affirmé mercredi sur France 2 détenir "les preuves" que le président François Hollande était "parfaitement informé" du comportement fiscal de l'ex-ministre du Budget. Une affirmation démentie par le rapporteur PS de la commission Alain Claeys qui a par ailleurs confirmé que Jérôme Cahuzac sera réentendu "la semaine prochaine".

Selon lui, l'ex-maire RPR de Villeneuve-sur-Lot, Michel Gonelle, qui détenait l'enregistrement dans lequel on entend Jérôme Cahuzac parler de son compte en Suisse, "a informé le directeur adjoint du cabinet du président (Alain Zabulon, ndlr) le 15 décembre, qui est immédiatement allé voir le secrétaire général de l'Elysée (Pierre-René Lemas), et tous les deux, ils sont allés voir le président dans son bureau". "Donc, il (François Hollande, ndlr) le sait le 15" décembre, a souligné le président de la commission Cahuzac.

Hollande a-t-il tenté de démissionner Cahuzac avant mars?

"Le 18, Edwy Plenel informe l'Elysée qu'ils ont toutes les preuves", a-t-il ajouté, rappelant que le journaliste, directeur du site d'informations Mediapart, "est un ami personnel du président, ils ont même écrit un bouquin ensemble".

De fait, a-t-il encore précisé, "je dis que le président, entre le 4 et le 18 décembre, a l'ensemble des informations lui permettant de se rendre compte que des preuves graves, selon lesquelles Jérôme Cahuzac détenait un compte en Suisse, existent".

Pourquoi François Hollande n'a-t-il pas alors remercié Jérôme Cahuzac, qui n'a été contraint à la démission que le 19 mars? "Certains prétendent qu'il a été tenté de faire cela mais nous ne pouvons pas auditionner le président de la République, en application du principe de séparation des pouvoirs", a-t-il indiqué, n'excluant pas cependant une audition du Premier ministre.

Une réunion le 16 janvier en présence de Cahuzac

De l'avis du député et "en l'état actuel" des travaux de la commission, "on peut dire que la réponse qu'(ont) fait le Premier ministre et le président et Pierre Moscovici à cette affaire n'était pas adaptée", a-t-il poursuivi au lendemain de l'audition de trois ministres, dont celui de l'Economie.

Revenant sur l'audition de Pierre Moscovici, qui a contribué à fragiliser la réalité de la "muraille de Chine" érigée autour de Jérôme Cahuzac par son ministre de tutelle, Charles de Courson a jugé qu'elle avait été "la plus intéressante".

"Il nous a dit (...) qu'il y a bien eu une réunion le 16 janvier à l'Elysée suite à un Conseil des ministres, entre quatre personnes: le président de la République, le Premier ministre, lui-même Pierre Moscovici et Jérôme Cahuzac", a-t-il relaté, qualifiant d'"incroyable" la présence du ministre incriminé.

S. A. avec AFP