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Commission Cahuzac: Moscovici reconnaît l'existence d'une réunion

Pierre Moscovici était interrogé mardi, après Christiane Taubira et Manuel Valls, sur l'affaire Cahuzac.

Pierre Moscovici était interrogé mardi, après Christiane Taubira et Manuel Valls, sur l'affaire Cahuzac. - -

Interrogé mardi devant la commission parlementaire sur l'affaire Cahuzac, Pierre Moscovici a reconnu la tenue d'une réunion portant sur l'affaire, en présence de l'ex-ministre du Budget.

Après Christiane Taubira et Manuel Valls, c'était au tour de Pierre Moscovici d'être auditionné par la commission Cahuzac. Le ministre de l'Economie a été vivement attaqué par la commission sur la réalité de la "muraille de Chine" érigée le 10 décembre autour de Jérôme Cahuzac après les révélations sur un compte caché en Suisse.

"La muraille de Chine a parfaitement fonctionné", s'est défendu Pierre Moscovici au sujet de la directive signée par le ministre délégué au Budget lui-même, pour être exclu de toutes les questions concernant les mesures prises à la suite du scandale.
Pierre Moscovici venait d'être interrogé par les membres de la commission sur une réunion intervenue le 16 janvier, au cours de laquelle il avait informé le président de la République, François Hollande, et le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, de la possibilité d'utiliser la procédure d'entraide administrative avec la Suisse. Cette réunion s'est tenue en présence de Jérôme Cahuzac.

Fin des auditions mercredi

Admettant l'existence de cette réunion, il a précisé que le président et le Premier ministre avaient "accepté le principe" d'une telle demande à la Suisse sur l'existence ou non d'un compte de Jérôme Cahuzac dans la banque UBS. Jérôme Cahuzac s'était alors montré "serein" et avait "demandé que la demande puisse couvrir la période la plus large possible", a relaté Pierre Moscovici, à l'époque ministre de tutelle de Jérôme Cahuzac.

"Cela ne vous choque pas que la personne concernée soit associée à la procédure ?", a lancé le président de la Commission, le centriste Charles de Courson. "Le mot 'associé' est impropre, a rétorqué Pierre Moscovici, il a été informé sans que son avis n'ait été demandé" au sujet de la demande d'entraide. "Jérôme Cahuzac n'a évidemment pas été informé du moment où la demande a été lancée" et n'a "jamais été informé de la réponse, qu'il n'a jamais détenue, ni moi", a argué le ministre

Pierre Moscovici a justifié que Jérôme Cahuzac ait été informé du principe de la demande à Berne par le fait qu'il "était ministre". "Vous ne voulez pas d'une muraille de Chine qui fasse que le ministre ne soit plus un ministre du gouvernement", a lancé Pierre Moscovici aux parlementaires.

La commission termine ses auditions mercredi, avec notamment Stéphane Fouks, président de Havas.

A. K. avec AFP