BFMTV

Commission Cahuzac: Valls, Taubira et Moscovici gardent la ligne

Manuel Valls s'est expliqué mardi devant la commission Cahuzac.

Manuel Valls s'est expliqué mardi devant la commission Cahuzac. - -

La commission parlementaire chargée de faire la lumière sur la gestion par le gouvernement de l'affaire Cahuzac a entendu trois ministres: Christiane Taubira, Manuel Valls puis Pierre Moscovici. Morceaux choisis.

Deux mois après son lancement, la commission Cahuzac créée pour faire la lumière sur la gestion par le gouvernement de l'affaire du même nom arrive à la fin de son enquête. Mardi, trois ministres, la garde des Sceaux, Christiane Taubira, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, et le ministre de l'Economie Pierre Moscovici, ont été entendus. Et si les échanges ont parfois été houleux, les trois membres du gouvernement n'ont pas dévié de leurs premières déclarations sur le sujet.

> Le ton de Taubira

Un vif échange a eu lieu mardi entre Christiane Taubira, et plusieurs membres de la commission Cahuzac, la ministre de la Justice s'agaçant de questions orientées, selon elle, et défendant le fonctionnement de la justice lors de cette procédure.

"Que ça vous étonne ou que ça vous déplaise, (...) je n'ai jamais parlé de cette affaire ni avec Monsieur Valls ni avec Monsieur Moscovici", a martelé la garde des Sceaux, en réponse à une question du député Georges Fenech (UMP), lors de son audition par la commission.

"Je suis en charge de la justice. Ma responsabilité, c'est que la justice fonctionne. Et il se trouve qu'elle a bien fonctionné, qu'elle a été efficace, qu'elle a été diligente", a lancé Christiane Taubira en haussant la voix. "Vous n'avez pas à répondre sur un ton agressif", lui a répliqué Daniel Fasquelle (UMP), pour qui "toutes les questions méritent d'être posées et méritent d'avoir une réponse".

"Que mes réponses ne vous conviennent pas, je veux bien en convenir. En tout cas, je veux bien l'entendre. Mon ton me revient, monsieur le député", a immédiatement répondu, cinglante, Christiane Taubira. La Garde des Sceaux a en outre reproché certains membres de la commission de chercher, par leurs questions à faire porter le chapeau au président de la République François Hollande.

> Valls tacle un membre de la Commission

Comme la ministre de la Justice avant lui, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a dû se défendre de ne pas avoir enfreint l'article 40 du Code pénal, à savoir qu'il n'a pas eu "connaissance d'un crime ou d'un délit" dans le cadre de l'affaire Cahuzac. "Nous avons respecté les règles, a-t-il répondu. J'ai toujours dit au président de la République et au Premier ministre que je ne disposais pas d'éléments vérifiants les informations de Mediapart relatives à la détention d'un compte en Suisse ou l'étranger par Jérôme Cahuzac. [...] Je n'ai jamais disposé d'aucun document, écrit ou oral".

Mais le ministre de l'Intérieur aurait pu charger les services de renseignement d'enquêter, a estimé le député Georges Fenech (UMP). "Votre question est intéressante, mais avec tout le respect que je vous dois, elle montre une profonde méconnaissance du renseignement", a répliqué Manuel Valls. "Ca aurait été une faute de demander une enquête sur des informations de presse. Ca peut être votre conception. Ca n'est pas la mienne", a poursuivi le ministre de l'Intérieur, qui a fait front dans une atmosphère assez tendue.

> Moscovici droit dans ses bottes

Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici était le plus attendu des trois puisque Jérôme Cahuzac était placé sous sa tutelle à Bercy. "Personne n'a trouvé le moindre embryon de preuve ou même d'indice que je savais quoi que ce soit avant les aveux de Jérôme Cahuzac, s'est-il défendu. Et pour cause, j'ai tout découvert le 2 avril [Le jour des aveux, NDLR]".

Admettant l'existence d'une réunion le 16 janvier au cours de laquelle il avait informé François Hollande et Jean-Marc Ayrault de la possibilité d'utiliser la procédure d'entraide avec la Suisse, et ce en présence de Jérôme Cahuzac, le ministre s'est vu demander par le président de la commission: "Cela ne vous choque pas que la personne concernée soit associée à la procédure ?".

"Le mot 'associé' est impropre, a rétorqué Pierre Moscovici, il a été informé sans que son avis n'ait été demandé", au sujet de la demande d'entraide. "Jérôme Cahuzac n'a évidemment pas été informé du moment où la demande a été lancée" et n'a "jamais été informé de la réponse, qu'il n'a jamais détenue, ni moi", a argué le ministre.

"La muraille de Chine a parfaitement fonctionné", a dit Pierre Moscovici au sujet de la directive signée par le ministre délégué au Budget lui-même pour être exclu de toutes les questions concernant les mesures prises à la suite du scandale.

M. R. et S. A. avec AFP