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Affaire Cahuzac: Arfi et Plenel chargent Moscovici

Fabrice Arfi et Edwy Plenel lors de leur audition sur Jérôme Cahuzac mardi.

Fabrice Arfi et Edwy Plenel lors de leur audition sur Jérôme Cahuzac mardi. - -

Auditionnés par les députés sur l'affaire Cahuzac, Edwy Plenel et Fabrice Arfi, de Mediapart, n'ont pas épargné le ministre de l'Economie Pierre Moscovici.

Naïf, amateur ou manipulé, selon Mediapart: la commission parlementaire sur l'affaire Cahuzac s'est penchée mardi sur l'"attitude" du ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, en auditionnant simultanément le patron de Mediapart, Edwy Plenel, et le journaliste à l'origine des révélations de l'affaire Cahuzac, Fabrice Arfi.

"La bonne foi n'exempte pas parfois de la maladresse, de la naïveté ou d'un mauvais fonctionnement de l'Etat. Je ne veux pas dire que Pierre Moscovici a été forcément complice d'une manoeuvre voulant absolument cacher la vérité, je dis néanmoins qu'il a mal travaillé!", a affirmé Edwy Plenel. Il y a "deux hypothèses: amateurisme ou légèreté, ou, seconde hypothèse, une instrumentalisation".

Déjà mise en cause par la droite mais aussi par une partie de la gauche pour sa gestion de la crise économique, l'attitude du ministre de l'Economie est au coeur des investigations de la commission d'enquête.

"Lorsque le directeur général des finances publiques a saisi les autorités helvétiques" pour l'interroger sur un compte de Jérôme Cahuzac: "pourquoi est-qu'on a saisi uniquement sur la banque UBS? Il faut nous expliquer pourquoi on n'a pas saisi sur la banque Reyl et Singapour", s'est interrogé le président de la commission, Charles de Courson. Cahuzac avait transféré son compte d'UBS à Reyl en Suisse puis à la filiale singapourienne de cette banque.

"Communication" pour étouffer l'affaire

Sur cette question des demandes à la Suisse, le journaliste de Mediapart Fabrice Arfi, à l'origine des révélations et auditionné aux côtés Edwy Plenel, est sans appel. "Les questions posées à l'administration fiscale suisse sont objectivement de mauvaise foi. Quand on cherche un compte [...] on ne cherche pas seulement Jérôme Cahuzac en tant qu'ayant droit, on cherche autour, on cherche le gestionnaire de fortune, on cherche Reyl qui est cité, pour avoir la vérité."

"La question qui se pose à vous c'est comment, sur la foi des mêmes informations, Bercy obtient une réponse négative de la Suisse, tandis que la justice obtient une réponse positive", a complété Fabrice Arfi, estimant qu'il y avait eu "une entreprise de communication pour mettre un terme à cette affaire".

Mardi matin, Pierre Moscovici, qui, comme ses collègues de la Justice et de l'Intérieur, sera entendu par la commission, a de nouveau affirmé que "l'administration avait fait tout ce qu'elle pouvait, tout ce qu'elle devait". "Elle a été exemplaire sous mon autorité", a assuré le ministre.


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A. G. avec AFP