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Affaire Jérôme Cahuzac: les députés mènent l'enquête

Les mensonges de Jérôme Cahuzac ont conduit les députés à créer une commission pour comprendre l'affaire.

Les mensonges de Jérôme Cahuzac ont conduit les députés à créer une commission pour comprendre l'affaire. - -

La commission parlementaire chargée de faire la lumière sur l'action du gouvernement dans l'affaire du compte à l'étranger de Jérôme Cahuzac a débuté mardi ses auditions. Mediapart est le premier à passer sur le gril des questions.

Que savait le gouvernement du compte à l'étranger de Jérôme Cahuzac? Pour le savoir, la commission parlementaire chargée d'enquêter sur l'action du gouvernement dans l'affaire Cahuzac a débuté ses premières auditions, mardi matin à l'Assemblée nationale.

Mediapart et Michel Gonelle dans l'arène

Le journaliste de Mediapart Fabrice Arfi, mardi, lors de son audition.
Le journaliste de Mediapart Fabrice Arfi, mardi, lors de son audition. © -

Fabrice Arfi, le journaliste de Mediapart à l'origine des révélations sur l'affaire, et Edwy Plenel, patron du site d'information, ont été les premiers a être entendus par les députés. Dans l'après-midi, Michel Gonelle, l'ancien opposant politique de Jérôme Cahuzac par qui le scandale a pu éclater, passera également sur le gril.

Tous doivent répondre aux questions de la trentaine de députés membres de la commission, présidée par le député UDI Charles de Courson, dans un seul but: déterminer précisément ce que savait l'exécutif entre la révélation par Mediapart, le 4 décembre 2012, de l'existence de ce compte à l'étranger et les aveux de Jérôme Cahuzac, le 2 avril dernier, soit deux semaines après son départ du gouvernement en tant que ministre du Budget.

Les auditions de Valls, Mosco, et Taubira très attendues

Jérôme Cahuzac sera lui aussi, à une date non fixée, auditionné par ses anciens collègues à qui il avait menti dans l'hémicycle le 5 décembre 2012 en leur lançant: "Je n'ai pas, je n'ai jamais eu de compte à l'étranger. Ni maintenant, ni avant."

Les auditions des ministres Manuel Valls (Intérieur), de Pierre Moscovici (Economie, et ministre de tutelle de Jérôme Cahuzac) et de Christiane Taubira (Justice), dont les dates n'ont pas été fixées, seront d'autres moments forts de cette commission, d'une durée maximale de six mois. En tout, une vingtaine d'auditions sont prévues d'ici fin juillet.

Si la commission s'intéresse à la chaîne de l'information dans cette affaire, elle ne pourra toutefois pas aborder le fond de l'affaire, à savoir la fraude fiscale, ce volet étant entre les mains de la justice.

Edwy Plenel a déjà accusé Pierre Moscovici d'avoir "instrumentalisé l'administration fiscale pour protéger Jérôme Cahuzac", une accusation également portée par l'UMP. Le journaliste a aussi jugé que François Hollande n'avait "pas d'excuse" pour ne pas avoir réagi plus vite au scandale, et a appelé à "s'interroger sur ce qui s'est passé pendant ces quatre mois".


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A. G. avec AFP