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"Nous sommes condamnés d'avance":  pour Mélenchon, son procès est une "guerre politique"

Jean-Luc Mélenchon lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 12 décembre 2018 -

Jean-Luc Mélenchon lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 12 décembre 2018 - - Bertrand GUAY / AFP

Le chef de file de la France insoumise comparaîtra jeudi et vendredi pour les incidents survenus lors de la perquisition de ses locaux. Dans un entretien accordé au JDD il revient sur la "bataille politique" qui l'attend.

"Quelle justice? Il s'agit de guerre politique." À quelques jours de sa comparution devant le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis) après les incidents survenus lors de la perquisition de ses locaux, Jean-Luc Mélenchon, comme à son habitude, ne mâche pas ses mots.

Dans un longue interview accordée au JDD et publiée ce dimanche, il fustige un "procès politique" dont il dit déjà connaître l'issue:

"On a vu les fuites organisées des pièces de l'instruction dans la presse, trois jours avant les élections européennes. On a vu les peines encourues: dix ans de prison, 150.000 euros d'amende (...) Ils nous convoquent dans un procès politique spectaculaire pour que nous soyons condamnés. Ce n'est ni du droit ni de la justice. C'est une exécution politique", assène le député des Bouches-du-Rhône.

La "mise en scène qui précède un meurtre politique"

Selon lui, le "but" de ce procès est "de nous (leur) nuire le plus longtemps possible": "C'est une mise en scène qui précède un meurtre politique (...) Que la honte de ma condamnation retombe sur ceux qui la prononceront (...) Nous sommes condamnés d'avance", assure celui qui n'accordera à nouveau du crédit à une procédure judiciaire que lorsque "l'Etat sera libéré de ces réseaux":

"Nous somme innocents et nous risquons dix ans de prison pour avoir crié sur la palier de notre siège. Je n'ai plus aucune confiance dans cette justice", poursuit Jean-Luc Mélenchon qui insiste: "Sous Macron, la République se décompose".

Mais ce que semble le plus regretter le chef de file LFI, c'est que l'image de son parti ait été "salie jour après jour":

"On a donné de moi l'image d'un violent (...) Nous allions être le pont entre les gilets jaunes et les classes moyennes, comme à la présidentielle. Le gouvernement a effrayé les secondes en diabolisant les premiers, et en abîmant l'image du trait d'union essentiel entre ces deux groupes: La France insoumise."

Le parti "sali jour après jour"

Mais Jean-Luc Mélenchon n'est pas prêt pour autant à capituler. S'il dit ne pas savoir s'il sera candidat à la prochaine présidentielle, ni à la mairie de Marseille pour les municipales en mai prochain, il assure être prêt à remonter au front:

"Mon rôle personnel irremplaçable, c'est de pérenniser intellectuellement et humainement la force politique fondée à travers deux présidentielles."

Sa priorité pour l'heure? Terminer son livre sur la théorie de l'ère du peuple et la révolution citoyenne, "prochain cadre de ceux qui veulent changer le monde".

Le leader de LFI on et cinq de ses proches, dont les députés Alexis Corbière et Bastien Lachaud, comparaîtront les 19 et 20 septembre prochains pour "rébellion, provocation et actes d'intimidation envers l'autorité judiciaire", après les accrochages qui ont eu lieu au moment des perquisitions au domicile du chef de file de la France insoumise (LFI) et au siège du parti, en octobre 2018.

Manon Fossat