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Quotidien diffuse l'intégralité de la perquisition à LFI, Mélenchon se félicite "que la vérité éclate"

Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon - Anne-Christine Poujoulat - AFP

La France insoumise reprochait à l'émission d'actualité d'avoir réalisé un montage défavorable à l'image de Jean-Luc Mélenchon et Alexis Corbière.

Les membres de la France insoumise se sont félicités ce mardi soir après la diffusion par l'émission Quotidien (TMC) de 40 minutes de vidéo, non coupées et non montées, retraçant la perquisition menée le 16 octobre 2018 au siège du parti. 

"Les images de ⁦‪Quotidien prouvent à quel point la réécriture qui a été faite est éloignée de la réalité", a notamment estimé sur Twitter le député européen Manuel Bompard. Le parti reproche en effet à l'émission d'actualité d'avoir sélectionné à dessein des extraits de ces 40 minutes montrant uniquement les moments d'emportement d'Alexis Corbière et Jean-Luc Mélenchon, et non les passages où ils tentent d'apaiser les relations avec les policiers. 

"Ces images sont parlantes"

Jean-Luc Mélenchon s'est félicité, dans un post publié sur son blog ce mercredi soir, que "la vérité éclate". 

"Alexis Corbière, député insoumis de Seine-Saint-Denis, a levé un gros lièvre à propos d’une lourde manipulation médiatique dans l’affaire des perquisitions contre le siège de la France Insoumise. Au cours de la conférence de presse du groupe parlementaire il a révélé que depuis un an Quotidien joue le jeu de la police politique. Ce sont les images de la caméra de cette émission qui servent à illustrer (en boucle) la scène des perquisitions sur toutes les chaînes de télé. Nous y figurons dans le rôle des méchants violents. Ces images servent d’ailleurs dans le générique de l’émission, tous les soirs, depuis presque un an. Mais ce sont aussi ces images qui servent de base à nos accusateurs", écrit-il. 

Pour le chef de file des Insoumis, "ces images sont parlantes". "Depuis un an Quotidien cachait ces moments où Corbière et moi rassurons les policiers et appelons au calme. C’est le contraire de ce que montrent depuis octobre derniers les 30 secondes que diffusent Quotidien et tous les moutons de panurge de l’officialité médiatique", poursuit-il.

"C'est une grande satisfaction pour nous car ces images montrent les choses telles qu’elles se sont déroulées", a réagi le député Alexis Corbière à l'issue de la diffusion. "Sous un angle particulier, avec le choix particulier d’être souvent focalisé sur la personnalité de Jean-Luc Mélenchon, mais une série d’éléments qui montrent, selon nous, qui attestent que l’ambiance générale n’est pas celle qui se résume à ces moments qui ont été tant de fois montrés", a-t-il poursuivi devant les journalistes lors d'un point presse organisé ce mardi soir par le parti, auquel Jean-Luc Mélenchon n'a pas participé.

Des policiers sont venus deux fois récupérer les images à Quotidien

"Ces images, nous ne les avions pas. Nous les demandions depuis longtemps", a également affirmé Alexis Corbière ce mardi soir à la presse. Pourtant, le 28 juin 2019, le journaliste politique de Quotidien Paul Larrouturou expliquait que les policiers étaient venus deux fois à la rédaction de l'émission: "deux réquisitions judiciaires: une le 19 octobre 2018 à la demande de l'équipe de Jean-Luc Mélenchon, et une seconde le 1er février 2019 à la demande de la justice pour documenter l'enquête pour 'acte d'intimidation contre l'autorité judiciaire, rébellion et provocation'". 

"Personne physiquement n’a cherché à pénétrer sur les lieux de la perquisition", a également déclaré Alexis Corbière ce mardi soir, contrairement à ce que montrent les images, où l'on peut voir Jean-Luc Mélenchon et Bernard Pignerol tenter de forcer la porte des locaux de La France Insoumise. Dans la vidéo, ils reprochent notamment aux autorités d'empêcher des élus de la République accéder à leur quartier général pendant la perquisition. 

"Ne les touchez pas eux parce que les pauvres diables font leur métier à la noix, là", peut-on entendre le leader de la France insoumise dire à ses collègues, qui font face aux policiers bloquant les portes. "Vous inquiétez pas, il n'y a personne de violent ici", leur lance-t-il aussi, avant d'entrer par une autre porte. 

Procès les 19 et 20 septembre

Les images rappellent aussi l'altercation entre Alexis Corbière et un policier, qui vient de faire une clé de bras autour du cou à un homme présent dans les locaux de la France insoumise. 

"Le montage retenu est un montage médiatique, un peu à charge, alors que nous savions très bien que la séquence disait autre chose", a estimé Mathieu Davy, avocat de Jean-Luc Mélenchon. Le comportement de son client et des autres députés ne représentaient selon lui "certainement pas une forme de rébellion ni d’outrage (ce pour quoi ils sont poursuivis, NDLR), mais simplement dans le respect des droits des élus de la République".

Jean-Luc Mélenchon et cinq de ses proches, dont les députés Alexis Corbière et Bastien Lachaud, ainsi que l'eurodéputé Manuel Bompard, comparaîtront les 19 et 20 septembre pour les accrochages ayant émaillé les perquisitions au domicile du chef de file de LFI et au siège du mouvement le 16 octobre dernier. Adrien Quatennens, député LFI du Nord, a estimé ce mercredi sur notre antenne qu'il s'agissait "d'un procès politique" et "d'une justice d'exception vis-à-vis de La France insoumise".

Liv Audigane avec Anne Saurat-Dubois