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Nicolas Hulot ministre, un pari risqué pour la cohésion du gouvernement

Nicolas Hulot.

Nicolas Hulot. - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Doté d'une forte personnalité, Nicolas Hulot pourrait troubler la cohésion gouvernementale si ses exigences politiques n'étaient pas satisfaites.

Nucléaire, aéroport de Notre-Dame-Des-Landes, respect de la COP21, taxation du diesel, perturbateurs endocriniens... les dossiers chauds ne manquent pas pour Nicolas Hulot, nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire au sein du gouvernement d'Édouard Philippe

Celui qui avait auparavant décliné les propositions de trois présidents de la République - Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande - a finalement intégré un gouvernement. "C'était le dernier train" pour l'écologiste, analyse Jean-Louis Caffier, consultant climat sur BFMTV. "Il a essayé beaucoup de choses: le pacte écologique, parler à l'oreille des Présidents, se présenter lui-même... La dernière carte, c'était de rentrer dans un gouvernement", confie un proche dans Le Parisien

Surtout, Nicolas Hulot s'est assuré de contreparties politiques avant d'accepter l'offre d'Emmanuel Macron. Le ministre d'Etat "n'est pas là pour inaugurer les chrysanthèmes verts", estime son ami Jean-Paul Besset. "Il est au cœur du réacteur. C'est du lourd, pas un supplément d'âme."

"Il n'a pas dit oui pour ne pas mener à bien les chantiers qui sont importants à ses yeux", observe Pascal Canfin, ancien ministre délégué au Développement et président du WWF France. "S'il a accepté, ce n'est pas pour faire Notre-Dame-des-Landes et Fessenheim."

Capable de claquer la porte

Avec Nicolas Hulot, Emmanuel Macron a certes réalisé une belle "prise" symbolique. Mais le pari est risqué, peut-être plus encore pour Emmanuel Macron que pour Nicolas Hulot: libre, il n'hésitera pas à claquer la porte si quelque chose lui déplaît, mettant en péril la cohésion gouvernementale. 

"Le connaissant, je ne vois pas comment il va tenir un mois", prédit un écologiste. 

"Il va devoir subir deux bizutages: celui des arbitrages - il ne gagnera pas sur tous les dossiers - et celui de l’administration, qui dit toujours ‘oui monsieur le ministre’ mais ne fait pas toujours ce qui est prévu", analyse notre éditorialiste Christophe Barbier. 

Les nerfs de Nicolas Hulot seront vite mis à rude épreuve, tant le gouvernement intègre des sensibilités différentes de la sienne. C'est notamment le cas de Bruno Le Maire, qui occupe le stratégique ministère de l'Économie, et était "le porte-parole de la chimie et des lobbies quand il était à l'Agriculture", juge Yannick Jadot, ex-candidat EELV à la présidentielle.

"La vraie question, c'est qui sera débarqué en premier de Hulot ou de Le Maire en cas de désaccord", conclut-il.
Louis Nadau