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Pourquoi Nicolas Hulot a accepté d'entrer au gouvernement

Nommé ministre de la Transition écologique et solidaire ce mercredi, l'ancien animateur de TF1 accepte donc pour la première fois d'intégrer un gouvernement, après avoir successivement décliné les propositions de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande.

De gauche comme de droite, plusieurs présidents de la République auront courtisé Nicolas Hulot dans l'espoir de le faire entrer au gouvernement, mais en vain. Cette fois, le militant écologiste a accepté les propositions du Président Emmanuel Macron et de son Premier ministre, Edouard Philippe: depuis ce mercredi, il occupe la fonction de ministre de la Transition écologique et solidaire, et succède à Ségolène Royal.

Après une campagne peu axée sur les enjeux environnementaux, l'énorme coup que constitue la nomination au gouvernement de Nicolas Hulot redonne espoir aux partisans de l'écologie, qui attendent toutefois au tournant le nouvel exécutif. Pour Jean-Louis Caffier, consultant climat sur BFMTV, plusieurs raisons expliquent ce choix:

"Nicolas Hulot a 62 ans, le temps a passé. On voit mal Emmanuel Macron, dans deux ou trois ans, lui re-proposer d'entrer au gouvernement. D'autre part, il considère que la situation a empiré depuis qu'il s'occupe de l'environnement. Tous les chiffres concernant le climat, la biodiversité, ou encore la pollution de l'air le prouvent".

"C'est maintenant ou jamais pour tenter d'agir de l'intérieur"

En outre, le contexte écologique et énergétique lui est beaucoup plus favorable:

"La COP21 a déclenché quelque chose au niveau mondial. En France, la loi de transition énergétique pour la croissance verte existe, ainsi que la loi pour la biodiversité. Ce contexte mondial pousse Nicolas Hulot à se dire que c'est maintenant ou jamais, pour tenter d'agir de l'intérieur, alors qu'il préférait être conseiller dans l'ombre jusqu'à présent", poursuit Jean-Louis Caffier sur BFMTV.

Très critique de l'économie capitaliste et libérale telle qu'elle existe aujourd'hui, l'ancien animateur de TF1 défend le basculement de la fiscalité du travail vers les activités à l'impact environnemental négatif. Il défend également une lutte sans relâche contre l'optimisation fiscale, notamment pratiquée par les grands groupes. Il devrait aussi se montrer vigilant sur les promesses d'Emmanuel Macron sur le traité de libre-échange avec le Canada (CETA).

Alexandra Milhat et AFP