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Municipales: Edouard Philippe sera candidat tête de liste au Havre

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Le Premier ministre avait été élu au premier tour en 2014 avec 52% des voix, sous l'étiquette Les Républicains. Il compte rester à Matignon en cas de nouvelle victoire.

Il n'y avait plus vraiment de suspens. Edouard Philippe a finalement confirmé ce vendredi sa candidature en tant que tête de liste aux élections municipales dans son port d'attache au Havre (Seine-Maritime), dont il a été maire de 2010 à 2017. Pour autant, le Premier ministre n'abandonne pas le gouvernement: s'il est élu en mars, il proposerait que l'actuel maire (LR) Jean-Baptiste Gastinne conserve le fauteuil jusqu'à son départ de Matignon.

"Ma décision est prise. Je l'ai mûrie comme toute décision importante. J'ai décidé d'être candidat à la mairie du Havre comme tête de liste (...) Dans une démocratie, le fondement de la légitimité, c'est l'élection", annonce le Premier ministre dans un entretien qui fait ce matin la une de Paris-Normandie, et doit être suivi par une interview sur France Bleu Normandie et un meeting dans la soirée. 

"Nos concitoyens ne veulent surtout pas de responsables politiques hors-sol. Je suis heureux de pouvoir me confronter à nouveau au suffrage universel et je pense que c'est très sain", fait-il valoir. S'il est élu, 

De multiples références au Havre ces derniers mois

Depuis son installation à Matignon, Edouard Philippe a multiplié les références à la ville, dont il n'a cessé de tresser les louanges. "On n'est jamais candidat qu'à l'endroit où l'on est enraciné", avait-il martelé lors de l'Université de rentrée de La République en marche. "Et moi mes tripes, elles ont un goût d'eau salée", avait-il poursuivi.

Le Premier ministre Philippe, à qui l'on avait prêté des intentions à Paris en vue de ce scrutin, assure n'avoir "jamais envisagé un engagement politique ailleurs qu'au Havre", où il est élu depuis 2001 et a fait carrière, d'abord sous le tutorat de l'emblématique maire Antoine Rufenacht. "C'est la ville que j'aime. C'est là que sont mes attaches", plaide-t-il. "C'est ici et nulle part ailleurs que je veux me confronter au suffrage universel."

Le Premier ministre a pris soin de garder des antennes actives au Havre, où il se rend souvent dans la plus grande discrétion. Depuis deux ans et demi, il "est revenu régulièrement (...) soit pour voir ses amis, pour se ressourcer, pour prendre le pouls de la population et aussi pour suivre les grands chantiers d'aménagements et d'urbanisme dont il était souvent à l'origine", témoigne auprès de l'AFP l'actuel maire (LR) Jean-Baptiste Gastinne.

Une campagne tout en restant à Matignon

Sera-t-il en mesure de faire campagne en parallèle de ses fonctions gouvernementales? "Il n'y aura pas besoin de se taper du porte-à-porte main, midi et soir", balayait son entourage, cité par Le Parisien jeudi. "S'il y va, ce sera une campagne essentiellement organisée le week-end."

Sans préciser les contours de son programme qu'il qualifie d'"ambitieux", Edouard Philippe assure lui qu'il mènera "une campagne intense au Havre", tout en remplissant ses "obligations à Paris", alors que la réforme des retraites continue son parcours par l'examen au Parlement et par des discussions avec les partenaires sociaux.

Au-delà des questions d'agenda, Edouard Philippe devra également faire face à un climat social particulièrement tendu dans la ville: au Havre, les actions "port mort" se sont multipliées ces dernières semaines. Le Premier ministre, lui, récuse d'ores et déjà toute tentative de "tirer des élections du Havre des leçons nationales". "Les commentateurs commenteront, ils adorent cela... Ce n'est pas mon sujet. Je veux parler du Havre et de ce que je veux faire pour la ville", évacue-t-il.

Mathieu Dehlinger avec AFP