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Marseille: Jean-Luc Mélenchon invite les Français à "mettre une raclée démocratique" à Emmanuel Macron

Jean-Luc Mélenchon au parc Chanot à Marseille ce samedi.

Jean-Luc Mélenchon au parc Chanot à Marseille ce samedi. - AFP

Le chef des Insoumis a donné son discours de rentrée ce samedi à Marseille, où il a exposé les grands axes qui vont attendre le parti en cette nouvelle année.

Jean-Luc Mélenchon s'est exprimé ce samedi en fin d'après-midi devant les militants de La France Insoumise au parc Chanot de Marseille, dans le cadre des universités d'été de La France Insoumise. 3.200 personnes l'écoutaient dans les Bouches-du-Rhône, et 8.000 sur les réseaux sociaux.

A la veille de cette rentrée, le chef des insoumis a articulé son discours autour des grands combats à venir, soit le climat, le social et l'Europe. Son objectif: s'imposer comme l'opposant numéro un au président de la République.

  •  Un référendum anti-Macron

Le chef de file des Insoumis a d'abord réitéré son intention de faire des élections Européennes un "référendum anti-Macron". Tout au long du discours, Emmanuel Macron était au centre des critiques. Jean-Luc Mélenchon est notamment revenu sur l'affaire Benalla, puis il a fustigé le système des retraites à points envisagé par le gouvernements, avant de s'attaquer à la réforme de la SNCF qui, pour lui, "ne correspond à aucun besoin des cheminots, du rail et du transport public". 

A Marseille, Jean-Luc Mélenchon a qualifié les élus LaREM de "menteurs, d'hypocrites", puis il a mis en garde le président de la République : "Nous allons inviter les Français à mettre une raclée démocratique à Emmanuel Macron" (...) "la révolution citoyenne, c'est un processus permanent où les gens s'emparent du pouvoir". 
"Nous sommes candidats à gouverner le pays" a-t-il martelé. "Et si nous sommes élus, nous appliquerons notre programme. Nous ne sommes pas Tsipras, pas Hollande, pas Sarkozy".
  •  "Ce pays est à nous!"

Sous les yeux de ses militants, Jean-Luc Mélenchon a abordé les questions sociales. Il a salué le groupe qui avaient repeint les murs d'une école maternelle délabrée d'un quartier populaire de Marseille en juillet dernier.

"Ce pays est à nous!" a-t-il tonné face aux militants. "Nous ne permettrons pas qu'on nous fasse vivre dans des déchets, dans la laideur."

Il a par la même occasion adressé son soutien aux salariés du groupe Mcdonald's qui se battent en ce moment pour garder leur emploi dans le quartier Saint-Barthélémy de Marseille, alors que le fast-food risque d'être transformé en restaurant halal asiatique.

  •  Interdire "maintenant" les glyphosates 

Une large place a été accordée aux enjeux environnementaux ce samedi soir, lors de ce discours de rentrée, non sans quelques offensives lancées au ministre de l'écologie Nicolas Hulot.

"En France, c'est maintenant et immédiatement qu'il faut interdire les glyphosates" a déclaré Jean-Luc Mélenchon. (...) C'est le sort de la civilisation humaine qui est menacé par la pratique productiviste. Face au changement climatique, il faut mettre en place la planification écologique" a-t-il continué. "La règle verte doit être introduite dans la Constitution."

Sur l'immigration, le leader LFI a remercié l'action des différentes associations qui sont venus en aide aux migrants secourus par l'Aquarius en mer Méditerranée puis accueillis par l'Espagne en juillet dernier. "Bravo l'Aquarius, bravo SOS Méditerranée" a-t-il déclaré, avant de qualifier de "honte" la politique migratoire italienne.

  • Pas de "police de la pensée entre nous"
"Je veux remercier les parlementaires de droite qui ont accepté de venir parler avec nous", a salué Jean-Luc Mélenchon en ouverture de son discours, revenant sur la polémique autour de l'invitation aux universités d'été envoyées à des élus LR ou PS, dans une volonté de rassembler les oppositions.
"Il n'y aura jamais de police de la pensée entre nous" a assuré le leader de La France Insoumise. Plusieurs voix politiques, comme celle de Patrick Kanner, s'étaient levées ces derniers jours pour dénoncer le rapprochement "malsain" des membres de leurs partis avec La France Insoumise.
Jeanne Bulant