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Manifestation contre les violences policières jugée "inadmissible" à droite, saluée par Mélenchon

Manifestation devant le Tribunal de Paris le 2 juin 2020

Manifestation devant le Tribunal de Paris le 2 juin 2020 - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Des personnalités de droite reprochent à la manifestation de s'être tenue illégalement alors que la France est toujours en état d'urgence sanitaire, mais condamnent également la comparaison avec la situation américaine. Jean-Luc Mélenchon a, lui, salué les images des rassemblements "impressionnantes de calme et de détermination tranquille".

La droite a condamné mercredi le rassemblement interdit organisé la veille à Paris à l'appel du comité de soutien à la famille d'Adama Traoré, tandis que le chef de file de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon a applaudi la manifestation qui a rassemblé près de 20.000 personnes.

Elle avait lieu dans le contexte de celles organisées aux Etats-Unis et dans d'autres pays après la mort de George Floyd, un Américain noir de 46 ans asphyxié par un policier blanc aux Etats-Unis le 25 mai.

"On est toujours sous le coup de l'état d'urgence sanitaire"

"C'est inadmissible parce que je vous rappelle qu'on est toujours sous le coup de l'état d'urgence sanitaire et que normalement les rassemblements de plus dix personnes sont interdits", s'est indigné le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau sur Cnews.

"Ce qui est aussi inacceptable, c'est que certains du comité de soutien à la mémoire d'Adama Traoré veulent établir un lien entre ce qui s'est passé aux États-Unis et ce qui, soi-disant, se serait passé, il y a quatre ans, ici en France", a-t-il ajouté à propos des accusations de violences policières.

"Ce qui se passe aux États-Unis est d'une autre nature"

Dix-huit personnes ont été interpellées au cours des incidents survenus en marge de cette manifestation mardi, qui a réuni quelque 20.000 participants venus soutenir la famille d'Adama Traoré, jeune homme noir de 24 ans mort en 2016 après son interpellation.

"Une telle manifestation, en plein état d'urgence, c'est bafouer la loi", a aussi dénoncé le président LR du Sénat Gérard Larcher sur RTL. "On ne va pas rentrer dans un cycle de violences alors que la France achève une crise sanitaire avec plus de 28.000 morts et rentre dans une crise économique et sociale", s'est-il inquiété.

"Dans un Etat de droit, la justice est rendue par les juges, ni par les réseaux sociaux, ni par la rue", a-t-il ajouté, estimant que "ce qui se passe aux États-Unis est d'une autre nature".

Mélenchon salue le rassemblement

A l'inverse, Jean-Luc Mélenchon a jugé les images des rassemblements "impressionnantes de calme et de détermination tranquille", dans un billet sur son blog, en prenant la défense de "cette jeunesse humiliée par les contrôles incessants, l'injustice permanente et les violences policières impunies avec ostentation".

"Cette détermination est un écho direct de l'encouragement venu de la révolte citoyenne aux États-Unis. C’est un signal de première importance", a estimé le chef de file des Insoumis.

"Je souhaite que si les conditions de distance physique sont respectées, qu'on puisse manifester. On ne peut pas maintenir jusqu'au 31 août l'impossibilité de manifester dans ce pays. Il y a besoin de déconfiner la démocratie", a plaidé pour sa part le premier secrétaire du PS Olivier Faure sur Franceinfo. "Il n'y a pas d'ordre sans justice. Cela suppose, dans cette affaire comme dans toutes les autres, que l'on puisse connaître la vérité", a-t-il réclamé.

"Je souhaite à la fois que la justice passe et que l'on ne bascule pas dans une forme de dérive qui laisserait penser que la police en France est raciste et est de manière systémique l'otage de pensées, d'idéologies, qui seraient fascistes", a précisé le député de Seine-et-Marne.
S. V. avec AFP