BFMTV

Macron avertit Poutine sur la "ligne rouge" à ne pas franchir en Syrie

-

- - -

Vladimir Poutine et Emmanuel Macron ont eu un dialogue musclé sur la Syrie lors de leur première rencontre lundi à Versailles.

"Une ligne rouge très claire existe de notre côté, l'utilisation d'armes chimiques, par qui que ce soit", a prévenu Emmanuel Macron, lors d'une conférence de presse commune avec Vladimir Poutine, lundi dans le Palais de Versailles.

"Toute utilisation d'armes chimiques fera l'objet de représailles et d'une riposte immédiate, en tout cas de la part des Français", a-t-il averti.

Alors que Moscou soutient ouvertement le régime de Bachar Al-Assad, accusé d'avoir plusieurs fois utilisé des armes chimiques dans le conflit, Emmanuel Macron a aussi souhaité un "partenariat" renforcé avec Moscou pour lutter contre le terrorisme dans ce pays.

"C'est le fil directeur de notre action en Syrie et ce sur quoi je veux, qu'au-delà du travail que nous menons dans le cadre de la coalition, nous puissions renforcer notre partenariat avec la Russie".

"Une transition démocratique"

Le nouveau président français s'est prononcé en faveur d'"une transition démocratique" dans ce pays, "mais en préservant un État syrien". Il a ainsi insisté sur le fait que les discussions en vue de cette transition devaient englober "l'ensemble des parties prenantes du conflit syrien, y compris les représentants de Bachar al-Assad".

"Dans la région, les Etats faillis sont une menace pour nos démocraties et on l'a vu, à chaque fois, ils ont conduit à faire progresser les groupements terroristes", a-t-il souligné en référence notamment à la Libye.

Hollande: "ça suffit! "

Une position qui tranche par rapport à celle son prédécesseur, François Hollande. Dès le début de son quinquennat, il avait montré son soutien à la rébellion, tout comme Nicolas Sarkozy à la fin de son mandat. A plusieurs reprises, il a fermement condamné le régime de Bachar Al-Assad, puis la position de la Russie. 

"Je n’ai qu’un seul mot à dire: ça suffit !", avait lancé l'ancien chef de l’Etat français, pointant du doigt le régime syrien, "responsable", selon lui, de "l’échec" du cessez-le-feu conclu sous l’égide des Etats-Unis et la Russie. "

"La tragédie syrienne sera devant l’histoire une honte pour la communauté internationale si nous n’y mettons pas fin rapidement".

Quant à la Russie, François Hollande n'avait pas caché ses attaques contre la responsabilité de Vladimir Poutine. En décembre dernier, il avait ainsi répondu aux attaques de François Fillon sur la diplomatie européenne. 

"Ce qui est en cause, c'est la responsabilité de la Russie et aujourd'hui (...) nous devrions être tous unis en France pour dire: il faut que la Russie puisse prendre sa part maintenant de la situation humanitaire qu'elle a d'ailleurs contribué à créer et de la nécessité d'une solution politique, plutôt que de laisser penser qu'il suffirait de parler à Vladimir Poutine."

E. H.