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Le net changement de ton de Trump vis-à-vis d'Assad en Syrie

Donald Trump, le 5 avril 2017, à la Maison Blanche.

Donald Trump, le 5 avril 2017, à la Maison Blanche. - Nicholas Kamm - AFP

Le président américain a directement pointé du doigt ce mercredi le régime de Bachar al-Assad, au lendemain d'une nouvelle attaque chimique perpétrée contre des civils en Syrie. Donald Trump a notamment assuré que son attitude vis-à-vis du leader syrien avait "nettement changé". Une posture bien différente de celle qu'il avait adoptée à l'été 2013, après le massacre de la Ghouta.

Des mots durs et tranchés. Mercredi, au cours d'une conférence de presse commune aux côtés de son invité, le roi Abdallah II de Jordanie, Donald Trump a réagi à l'attaque chimique présumée, perpétrée mardi sur la petite ville syrienne de Khan Cheikhoun, et qui a fait au moins 86 morts.

Une condamnation ferme

Le président américain a notamment dénoncé une "attaque chimique atroce" contre des "gens innocents", avant de pointer du doigt le régime de Damas.

"Leur mort fut un affront à l'humanité. Ces actes odieux par le régime Assad ne peuvent pas être tolérés", a-t-il averti, ajoutant que cette "attaque sur des enfants a eu un énorme impact" sur lui, et que son attitude vis-à-vis de la Syrie et Assad a nettement changé". Des propos fermes, laissant présager un tournant dans la posture des Etats-Unis vis-à-vis de Damas. 

Interrogé sur la nature de ce changement, et ses conséquences possibles, Donald Trump a refusé de préciser son propos. "Je ne dis pas à l'avance ce que je ferai", a-t-il simplement indiqué. 

L'administration Obama pointée du doigt

Néanmoins, si Donald Trump s'est refusé à donner toute indication sur une éventuelle évolution de la stratégie américaine en Syrie, ou sur une potentielle intervention contre Damas, ses propos démontrent un changement de ton évident à l'encontre du régime de Bachar al-Assad. 

Le premier signe a été envoyé mardi, par le porte-parole de la Maison Blanche, qui a pointé la responsabilité de l'administration Obama dans cette nouvelle attaque. "Ces actes odieux de la part du régime de Bachar al-Assad sont une conséquence de la faiblesse et de l'indécision de la précédente administration", avait-il ainsi déclaré. 

Une référence à la marche en arrière de Barack Obama, il y a près de quatre ans. En août 2013, le président syrien est accusé d'avoir franchi la "ligne rouge" fixée par le président démocrate, après l'attaque au gaz sarin perpétrée contre la Ghouta, dans la banlieue de Damas. L'ancien président américain est alors favorable à une intervention contre le régime d'Assad, mais annonce qu'il compte finalement demander l'accord du Congrès américain. L'intervention militaire n'a jamais eu lieu et cet épisode de haute tension se solde par un accord sur la destruction de l'arsenal chimique syrien.

En 2013, Trump très opposé à une intervention

Comme le rappelle le Washington Post, Donald Trump, qui n'était encore à l'époque qu'homme d'affaires, non engagé en politique, s'était montré très défavorable à toute intervention. Et les archives le prouvent: sur Twitter, il avait interpellé son prédécesseur sur la question à plusieurs reprises, l'appelant à renoncer à toute intervention. 

"Que gagnerons-nous à bombarder la Syrie, sinon plus d'endettement, et un possible conflit à long terme? Obama a besoin de l'approbation du Congrès", tweetait-il le 29 août 2013. 

"Une fois de plus, à nos stupides leaders, n'attaquez pas la Syrie - Si vous le faites de nombreuses mauvaises choses vont se passer, et les Etats-Unis ne tireront rien de ce conflit", martelait à nouveau (et en lettres majuscules) Donald Trump, le 5 septembre.

"Président Obama, n'attaquez pas la Syrie. Il n'y a pas de bon côté et un énorme mauvais côté. Gardez votre 'poudre' pour un autre (et plus important) jour!", persistait-il le 7 septembre.

Par ailleurs, alors que l'administration Obama avait appelé au départ de Bachar al-Assad, Donald Trump, lui, n'a jamais penché dans ce sens. L'actuel président a en effet insisté à de nombreuses reprises sur le fait qu'il ne comptait pas dicter des changements de régime aux pays du Moyen-Orient.

Et comme le souligne le Washington Post, son entourage avait indiqué la semaine dernière que la Maison Blanche ne faisait pas du retrait d'Assad du pouvoir l'une de ses priorités. Jusqu'à aujourd'hui? La présidence américaine s'est fait présenter ce jeudi, par le Pentagone, des options militaires pour risposter à l'attaque chimique de mardi