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Violences à Paris: pour Bellamy, l'État "a baissé la tête"

Selon la tête de liste Les Républicains aux élections européennes, le gouvernement a fait preuve de "laxisme" face au risque de regain de violences à Paris.

"Ce qu'il se passe dans notre pays est vraiment très grave." Au lendemain des scènes d'émeutes qui ont secoué Paris samedi à l'occasion de la mobilisation des gilets jaunes, les opposants d'Emmanuel Macron sonnent la charge. Invité de notre antenne ce dimanche, la tête de liste Les Républicains aux élections européennes, François-Xavier Bellamy, a sévèrement jugé l'action du gouvernement en matière de sécurité.

"Pour la première fois, sans doute, depuis les événements d'Algérie ou les ligues de février 34, (...) l'ordre républicain n'est plus assuré au cœur de Paris", a entamé le professeur agrégé de philosophie sur BFM Politique.

Selon l'intéressé, l'État a "baissé la tête" face aux casseurs qui se sont infiltrés dans les rangs des gilets jaunes.

"Le gouvernement est à l'acte zéro"

"Le tort ne revient pas aux forces de l'ordre, qui font un travail considérable et qui sont épuisées [...] le tort revient évidemment au gouvernement qui est en train de commenter au lieu d'agir", a déclaré François-Xavier Bellamy.

"C'était l'acte 18 hier, mais pour le gouvernement on a l'impression qu'on en est à l'acte zéro. Rien n'a changé, rien n'a été pris au sérieux", a-t-il ajouté, estimant que l'État et le gouvernement avaient "failli" dans leurs missions de maintien de l'ordre.

Le chef de file de la droite pour le scrutin du 26 mai estime qu'Emmanuel Macron, Édouard Philippe et Christophe Castaner auraient pu mieux se préparer à un potentiel regain de violences du mouvement des gilets jaunes et, surtout, des groupes anarchistes qui gravitent autour.

"Ces manifestations [...] ne sont pas déclarées, et c'est d'ailleurs un problème, mais en réalité elles sont connues, elles sont prévues. Et il y a déjà plusieurs jours que les services de renseignement alertaient le gouvernement sur la gravité particulière de ce qu'il pouvait se passer hier dans Paris", croit savoir François-Xavier Bellamy.

Macron, "un président commentateur"

Et le philosophe de pointer du doigt l'inaction supposée du chef de l'État, qui "part passer ses journées au ski" pendant des manifestations "qui mettent en danger la sécurité de notre pays".

François-Xavier Bellamy estime par ailleurs que le gouvernement a perdu du temps en retoquant, initialement, la proposition de loi dite "anti-casseurs" émanant de la droite sénatoriale. "Elle n'est toujours pas promulguée", s'alarme-t-il, quand bien même ce texte législatif a bénéficié d'une adoption assez rapide par le Parlement, le Sénat ayant voté conforme la version de l'Assemblée nationale.

Interrogé sur la prise de parole d'Emmanuel Macron au sein la cellule de crise qui s'est tenue au ministère de l'Intérieur samedi soir, l'enseignant-candidat a dit avoir "l'impression d'avoir un président commentateur, (...) observateur".

"Ça suffit les fleurs"

Pour François-Xavier Bellamy, le "laxisme" supposé du gouvernement aurait ses racines dans la décision, prise en janvier 2018, sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Une décision qui, affirme l'intéressé, aurait permis à la force "de quelques zadistes" de primer sur le droit et la politique.

"Ce jour-là, le mandat du président de la République a commencé sous le signe de la fragilité de l'État", a-t-il argué.

Lorsque Christophe Castaner s'est rendu sur les Champs-Élysées pour constater les dégâts, notamment ceux infligés à la plaque d'hommage au policier Xavier Jugelé, la réaction du candidat LR a été immédiate:

"Ça suffit les fleurs. Ça suffit la mise en scène. Ça suffit de voir notre ministre de l'Intérieur constater les dégâts."
Jules Pecnard