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VIDEO - Achats de voix: 130 noms sur la liste qui accuse Dassault

L'industriel Serge Dassault est mis en cause dans une enquête sur de possibles achats de votes à Corbeil-Essonnes

L'industriel Serge Dassault est mis en cause dans une enquête sur de possibles achats de votes à Corbeil-Essonnes - -

Selon "Libération", les juges qui enquêtent sur des achats de voix présumés à Corbeil, mis en place par l'industriel Serge Dassault, disposent désormais d'une liste détaillée de bénéficiaires du système.

"J'ai finalement compris que tout tournait autour de soi-disant achats de voix ce que j'ai contestés puisqu'il n'y en a jamais eu", a raconté Serge Dassault au lendemain de la levée de sa garde à vue à ses collègues sénateurs. Pourtant, affirme Libération mercredi, les juges disposent d'une liste, saisie en 2013 au domicile de l'industriel milliardaire de Corbeil-Essonnes, et qui détaille des dons et avantages accordés à environ 130 bénéficiaires.

Le pôle financier enquête sur un système mis en place pour les élections municipales de 2008 à 2010, soit trois scrutins.

Il s'agit de "quatre versions d'un listing d'électeurs, comportant environ 130 noms" et datés de "décembre 2009 et janvier 2010", affirme le quotidien, qui a eu accès aux documents. Selon Libération, "le tableau comporte plusieurs colonnes", où sont inscrits les noms des bénéficiaires présumés, des commentaires sur l'avancement du dossier et les mentions "payé" et "non payé".

"On leur a promis des avantages..."

"On leur a promis des avantages, du travail, des coups de main pour être embauché, des emplois fictifs et de l’argent aussi", assure Rachid Toumi, entendu par les juges dans l'affaire, à propos de la campagne de 2010.

Le quotidien estime que 70 noms sont concernés par des dons d'argent, de quelques centaines à plusieurs milliers d'euros. Dans d'autres cas, il s'agit du financement d'un permis de conduire, d'un prêt pour monter une entreprise, ou de "dons de natures très diverses": "1.000 euros afin de payer une 'amende'", "500 euros pour 'soutien sortie détention'", détaille le journal.

Pour 45 noms, aucune somme n'est versée, s'agissant par exemple de jeunes ayant bénéficié d'un contrat aidé à la mairie de Corbeil.

Cinq mises en examen

Cinq protagonistes ont été mis en examen dans ce dossier, dont l'actuel maire de Corbeil-Essonnes et bras droit de Serge Dassault, l'UMP Jean-Pierre Bechter, qui a remporté les élections municipales de 2009 et 2010, sa deuxième adjointe à la mairie Cristela de Oliveira, et un vieux compagnon de route du sénateur, Jacques Lebigre.

Les deux autres mis en examen, Younès Bounouara et Mamadou Kébé, sont soupçonnés d'être des intermédiaires du système présumé d'achats de voix.


>> Tous les résultats des dernières élections à Corbeil-Essonnes

S.A. avec Igor Sahiri (vidéo)