BFMTV

Selon Fillon, Ayrault est "à bout de souffle"

François Fillon n'a pas été tendre avec son successeur, qu'il juge "à bout de souffle".

François Fillon n'a pas été tendre avec son successeur, qu'il juge "à bout de souffle". - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

L'ancien Premier ministre estime que son successeur est "disqualifié par ses reculs successifs". Il a également fustigé l’attitude du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls.

François Fillon passe à l'offensive. L'ancien Premier ministre s'en est pris, dans un entretien au Parisien dimanche, à son successeur Jean-Marc Ayrault.

Au gouvernement, "c'est le désordre total. Moins de deux ans après son élection, le président est largement décrédibilisé. Le Premier ministre est à bout de souffle, disqualifié par ses reculs successifs", estime-t-il.

Alors qu'on lui rappelle les propos du chef du gouvernement, qui s'était dit "ni usé ni fatigué", François Fillon répond : "Que voulez-vous qu'il dise d'autre ? Je le comprends... Il se bat. Mais il n'a plus d'autorité sur sa majorité et il doit faire avec un président flou. J'ai tenu cinq ans à Matignon, prioritairement parce que j'avais le plein soutien des parlementaires. Je tenais ma majorité".

"Depuis des mois, je plaide pour une initiative forte de la part du président. Davantage qu'un remaniement, c'est un vrai infléchissement de sa politique qu'il devrait assumer", ajoute-t-il.

"Manuel Valls contribue à discréditer l'action publique"

Interrogé sur l'action du ministre de l'Intérieur Manuel Valls, celui qui était député de la Sarthe se dit "sévère. Il a fait de l'hyperactivité, de l'exploitation des faits divers et des polémiques le paravent de son inefficacité. Le décalage entre son exposition médiatique et son bilan est immense. La lutte contre l'insécurité et la délinquance est un combat global, très difficile, qui exige mesure, humilité et réalisme."
"En se servant de ce ministère comme d'un tremplin politique, Manuel Valls contribue à discréditer l'action publique", juge-t-il.

Alors qu'on lui oppose que c'est le même comportement qu'avait adopté Nicolas Sarkozy à la tête du ministère de l'Intérieur, François Fillon ne nie pas : "Les temps changent. Les Français sont moins dupes et beaucoup plus critiques qu'avant à l'égard de ces comportements-là. Manuel Valls est en train de se brûler les ailes en essayant d'imiter Nicolas Sarkozy qui lui avait de vrais résultats."

Copé dans le viseur

Mais le challenger malheureux n'a pas épargné son propre parti. Interrogé sur une éventuelle défaite de l'UMP aux municipales, il a ainsi répondu: "je pense que nous allons gagner ces élections. Cela ne devra pas nous dispenser de nous interroger et pour certains de s'expliquer sur la situation de notre parti".

Y. D .avec AFP