BFMTV

Sarkozy tente de surfer sur l'élection de Trump

S'il avait dit souhaiter l'élection d'Hillary Clinton, Nicolas Sarkozy n'en essaie pas moins de surfer sur la victoire de Donald Trump en vue de la primaire de la droite.

En période de campagne électorale, tout argument est bon à prendre, et Nicolas Sarkozy l'a bien compris. L'ancien président de la République, qui avait dit souhaiter l'élection d'Hillary Clinton à la Maison Blanche, semble pourtant voir un signe positif dans la victoire de Donald Trump.

Une élection qui exprime selon lui le "refus d'une pensée unique (…) quant à la maîtrise de l'immigration et au respect des frontières, cette pensée unique qui ignore la nécessité des mesures difficiles qu'il y a à prendre pour protéger les citoyens du terrorisme islamiste".

Car Nicolas Sarkozy n'en est pas à son premier parallèle entre son style et celui de Donald Trump. Il y a trois jours, il disait prudemment du magnat de l'immobilier qu'il tenait un discours "qui fait écho à ce pensent les Américains et l'Amérique profonde exaspérée par la pensée unique. Dans toutes nos démocraties, il y a ce mur d'une pensée unique qui fait que quand on parle d'islam, on est islamophobe, quand on dit qu'il y a trop d'immigration, on est raciste, quand on dit 'les voyous ont le haut du pavé', on est sécuritaire, et quand on dit 'on veut défendre les intérêts de la France', on est nationaliste". Tout en réaffirmant son soutien à Hillary Clinton, afin de ne pas froisser une partie de son électorat. 

Sarkozy est-il vraiment opposé aux "outrances" de Trump?

Quelques mois auparavant, en mars 2015, l'analyse de Nicolas Sarkozy avait pourtant été autrement plus directe.

"Regardez ce que donnent les Etats-Unis: les candidats soutenus par l'establishment et les médias, ils sont balayés par les candidats du peuple", affirmait-il, lors d'une commission exécutive de son parti Les Républicains.

La tentation de la proximité avec le désormais futur président des Etats-Unis ne date donc pas d'hier. Dans le fond aussi, Nicolas Sarkozy a également développé des parallèles avec Donald Trump. Car s'il en a dénoncé les "outrances", sa récente remarque sur la "double ration de frites" à la cantine pour les enfants qui ne mangent pas de porc, mais aussi ses sorties climato-sceptiques rappellent, dans une version "adoucie", celles du nouveau président américain: Donald Trump avait ainsi affirmé pendant sa campagne qu'il souhaitait stopper les accords de Paris sur le climat. Au-delà des apparences, le modèle de Donald Trump pourrait prendre le pas lors des prochaines semaines de campagne.

Ariane Kujawski