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Réforme du collège: Sarkozy accuse Hollande et Valls de "mépris"

"Coup de force", "choix du mépris", "contraire de la méthode": le président de l'UMP assure que sa formation étudiera "tous les moyens parlementaires et juridiques" pour contester le décret appliquant la réforme du collège.

Le président de l'UMP Nicolas Sarkozy monte au créneau pour affirmer son leadership dans l'opposition à la réforme du collège, notamment face à Bruno Le Maire très en pointe sur le sujet. Il accuse dans une interview au Figaro François Hollande et Manuel Valls d'avoir fait "le choix du mépris" en publiant mercredi le décret mettant en œuvre cette réforme très contestée. "Il s'agit avant tout d'un coup de force", déclare l'ancien chef de l'Etat dans l'entretien publié jeudi par ce quotidien. "C'est le contraire de la méthode qui devrait prévaloir dans une république moderne digne de ce nom." "Le mépris dont François Hollande et Manuel Valls ont choisi d'user contre tous ceux qui contestent leur action est incroyable", ajoute Nicolas Sarkozy, qui accuse son successeur socialiste et le Premier ministre de "faire assaut de sectarisme et d'idéologie".

Le gouvernement s'est montré inflexible, mercredi, sur la mise en œuvre de cette réforme, au lendemain d'une grève des enseignants accompagnée de manifestations peu suivies. L'opposition s'est emparée de cette nouvelle polémique, alimentée par des débats enflammés entre intellectuels sur le bien-fondé de certaines dispositions de la réforme.

"Tous les moyens juridiques pour nous opposer"

"Nous étudions tous les moyens parlementaires et juridiques pour nous opposer à ce décret qui organise ni plus ni moins le nivellement de l'école de la République", dit Nicolas Sarkozy. Ce combat, poursuit-il, s'adresse à "tous les Français" :"Je leur dis qu'au-delà de nos différences, nous devons nous rassembler pour nous opposer à cette réforme."

"Il est inadmissible que la représentation nationale n'ait pas son mot à dire sur un sujet aussi central, qui concerne tous les Français, l'école, au prétexte qu'il s'agirait d'un décret", a encore fustigé Nicolas Sarkozy. Mercredi à l'Assemblée nationale, le patron des députés UMP Christian Jacob avait demandé "l'abrogation" signifiant à Manuel Valls qu'il "paierait cher" ce passage en force.

Contrairement à François Bayrou mercredi matin, Nicolas Sarkozy n'appelle toutefois pas à manifester contre la réforme. "Mon rôle n'est pas d'appeler à manifester, mais de demander l'organisation d'un vrai débat démocratique", fait-il valoir. "Et ce débat doit commencer au Parlement. Pour le reste, attendons de voir si le gouvernement continuera à rester sourd face à la montée des protestations".

Nul racisme et nul sexisme répond Sarkozy à Cambadélis

Parmi les volets de cette réforme, Nicolas Sarkozy déplore notamment la "suppression des classes bi-langues", l'instauration de "l'interdisciplinarité". "Que dire de l'objectif affiché, expressis verbis, pardon pour le latin, de supprimer ces valeurs que sont l'effort, la contrainte, la persévérance, tout cela parce qu'il ne faut pas que l'élève s'ennuie?", enchaîne le président de l'UMP.

Il récuse aussi les accusations de "xénophobie" portée par Jean-Christophe Cambadélis, après qu'il eut critiqué les ministres Najat Vallaud-Belkacem et Christiane Taubira. "Mesdames Vallaud-Belkacem et Taubira sont françaises. M'accuser de xénophobie, c'est présenter ces deux ministres comme étrangères", relève-t-il. "Voilà une différence de vue. Si une femme présente une réforme et qu'on est contre, ce n'est pas du sexisme, si un responsable politique de couleur présente un projet et qu'on est contre, ce n'est pas du racisme, si un étranger dit quelque chose et qu'on est contre, ce n'est pas de la xénophobie".

David Namias avec agences