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Les points clés devenus polémiques de la réforme du collège

Najat Vallaud-Belkacem et Manuel Valls en visite au collège Lamartine, à Soissons, en mars 2015.

Najat Vallaud-Belkacem et Manuel Valls en visite au collège Lamartine, à Soissons, en mars 2015. - Jean-Marie Champagne - Pool - AFP

Interdisciplinarité, accompagnement pour tous, langue vivante 2 dès la 5e, la réforme du collège aux contours plutôt techniques s'est transformée en épreuve politique pour la ministre de l'Education. En voici les principaux points d'achoppement.

La réforme du collège pour 2016 prévoit de laisser chaque collège fixer 20% de son emploi du temps, avec de l'accompagnement personnalisé pour tous, de l'interdisciplinarité et une LV2 avancée en cinquième. Validés sans encombre en février par le Conseil supérieur de l'Education nationale qui réunit notamment syndicats d'enseignants et de parents d'élèves, ces changements programmés nourrissent aujourd'hui une polémique qui dépasse sur certains sujets les clivages droite-gauche habituels. Le point sur le contenu de cette réforme maintenant attaquée de toutes parts et dont la contestation a conduit à une grève ce mardi.

> Autonomie des établissements

Chaque établissement fixera 20% de l'emploi du temps, soit quatre heures par semaine, consacrés à du travail en petits groupes, de l'accompagnement personnalisé et des Enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI). L'autonomie se fera dans le respect des heures dues à chaque discipline dans l'année, autrement dit, il ne sera pas possible de faire davantage de français en cinquième et moins de maths puis l'inverse en quatrième.

> Accompagnement personnalisé pour tous

Actuellement limité aux classes de sixième et facultatif, il sera généralisé: maîtrise des fondamentaux, approfondissement des apprentissages, méthodes de travail... Il totalisera trois heures par semaine en 6e, au moins une heure dans les autres classes.

> Interdisciplinarité avec l'introduction des "EPI"

Les enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI), à partir de la cinquième, doivent "donner du sens" aux apprentissages, "contextualiser" les connaissances, favoriser le travail en groupe. Les projets, pris en charge par les enseignants de toutes les matières, seront inscrits dans les programmes et évalués au brevet, examen qui doit être refondé selon des modalités encore inconnues.

Il existe huit thèmes d'EPI, allant de la santé, à la culture en passant par la transition écologique ou les langues de l'Antiquité. Les élèves en suivront deux par an et au moins six des huit thématiques entre la cinquième et la troisième.

> Deuxième langue vivante en 5e

L'apprentissage de la deuxième langue vivante sera avancé en cinquième, alors que la première langue sera généralisée en CP.

Les sections européennes du collège et les classes bilangues (deux langues vivantes dès la 6e, actuellement 15,9% des élèves) disparaîtront, sauf pour les écoliers qui auraient démarré une langue autre que l'anglais, qui pourront la conserver en sixième tout en commençant l'anglais. La fin des classes bilangues hérisse les professeurs d'allemand et inquiète outre-Rhin.

> Evolution des langues anciennes

Les langues anciennes, latin et grec, ne seront plus une option, perspective qui fait craindre leur disparition à des associations d'enseignants. Elles seront enseignées via un Enseignement pratique interdisciplinaire (EPI) Langues et cultures de l'Antiquité et un "enseignement de complément".

> Faire du collège un "lieu d'épanouissement"

Les collégiens auront une pause d'au moins 1h30 à la mi-journée, une vieille revendication des parents. En sixième, pas plus de six heures de classe par jour. Des "moments forts" seront "systématisés": journée de la laïcité, commémorations, remise de diplômes, spectacle de fin d'année...

Les conseils de vie collégienne seront généralisés. Pour les parents, un "livret scolaire unique numérique" sera créé.

> Socle commun et nouveaux programmes

La réforme du collège s'appliquera en même temps que le nouveau socle commun, qui définit ce que tout élève doit avoir acquis à la fin de la scolarité obligatoire (seize ans), et les nouveaux programmes scolaires du CP à la troisième, dont la première mouture est soumise à la consultation des enseignants jusqu'au 12 juin avant d'être amendée.

La ministre de l'Education a demandé que ces programmes, élaborés par le Conseil supérieur des programmes (CSP, indépendant), soient lisibles par les parents alors qu'ils ont été critiqués pour leur jargon.

D. N. avec AFP