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Luc Ferry attaque Najat Vallaud-Belkacem: sa réforme va "décérébrer des innocents"

Luc Ferry s'indigne des nouveaux programmes d'histoire.

Luc Ferry s'indigne des nouveaux programmes d'histoire. - Mehdi Fedouachi - AFP

Attaquée sur sa réforme du collège, Najat Vallaud-Belkacem essuie également des critiques sur les nouveaux programmes scolaires. L'ancien ministre de l'Education Luc Ferry s'en prend à la ministre ce mardi et estime que les programmes sont "nuisibles". 

Les nouveaux programmes vont "décérébrer des générations d'innocents", martèle Luc Ferry. L'ancien ministre de l'Education s'écharpe par médias interposés depuis plusieurs semaines avec Najat Vallaud-Belkacem sur le contenu des nouveaux programmes scolaires.

Pour Luc Ferry, les nouveaux programmes ont d'abord un jargon trop alambiqué. L'ancien ministre, interrogé sur RTL cite les programmes d'éducation physique qui pour parler de natation évoquent un "milieu aquatique profond standardisé". 

Mais les critiques de Luc Ferry se concentrent en particulier sur l'enseignement de l'histoire. "L'Europe n'est présentée que sous les aspects de la colonisation et de la traite négrière", s'insurge Luc Ferry. "Evidemment qu'il faut parler de ces thèmes-là", assure l'ancien professeur de philosophie. "Mais vous ne pouvez pas voir la civilisation européenne que de ce point de vue-là". Pour Luc Ferry les nouveaux programmes sont influencés par les événements de janvier dernier. "On est dans une espèce d'idéologie post-11 janvier, on veut se faire pardonner mille choses, on est dans l'Europe de la repentance".

Des enseignements facultatifs

L'ancien ministre conteste que ces enseignements soient valorisés au détriment de certaines parties du programme qui deviennent facultatives. Ainsi l'enseignement de la chrétienté au Moyen Age devient facultatif en 5e. Toutefois, le module "naissance du christianisme" reste obligatoire en 6e.

Luc Ferry dénonce l'obstination de la ministre, "qui défend bec et ongles" sa réforme. L'ancien ministre en appelle au président de la République et demande à François Hollande de ne pas laisser s'appliquer la réforme des programmes, qu'il qualifie "d'immondice".

Ce mardi, les programmes sont soumis à une consultation nationale. Les enseignants ont jusqu'au 12 juin pour donner leur avis qui pourra aboutir à des amendements. Najat Vallaud-Belkacem prévoit l'application des nouveaux programmes pour la rentrée 2016.

C. B