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Primaire UMP: pour Sarkozy "le vent a tourné" pour Juppé

Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, fin 2014 au siège de l'UMP à Paris, quelques jours après l'élection à la présidence du premier cité

Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, fin 2014 au siège de l'UMP à Paris, quelques jours après l'élection à la présidence du premier cité - Thomas Samson - AFP

En acceptant sans sourciller les conditions de la primaire, Nicolas Sarkozy et ses proches assurent avoir pris Alain Juppé et François Fillon à leur propre piège. A tel point que certains imaginent à nouveau que le vote interne ne soit pas nécessaire en 2016 malgré les menaces des deux camps opposés.

"Aucune intimidation ne me fera renoncer. Je serai candidat à la primaire UMP", a martelé François Fillon sur BFMTV jeudi. Pourtant, dans le camp de l'un de ses adversaires, Nicolas Sarkozy, la confiance règne. L'ex-président se voit déjà comme le candidat de l'UMP, ou plus probablement des "Républicains", à la présidentielle de 2017. "J'ai été président de la République, j'ai gagné dans mon camp (fin 2014) et je vais perdre la primaire. Allons..." dirait en privé Nicolas Sarkozy, selon Le Parisien.

Juppé sent "que les choses lui échappent"

En clair ni Alain Juppé, ni François Fillon ne sont en mesure de contrarier ses ambitions. En acceptant sans sourciller les conditions de la primaire, Nicolas Sarkozy et ses proches assurent avoir pris le maire de Bordeaux et le député de Paris à leur propre piège. "L'avance prise par Sarko est énorme", juge un cadre de l'UMP qui se pose même la question de l'intérêt... du vote interne récemment adopté.

Favori des sondages, il y a moins d'un an Alain Juppé serait désormais en difficulté selon le camp du président de l'UMP et "sentirait que les choses lui échappent. (...) Il est encore haut dans les sondages mais il sent que vent a tourné", selon un ex-ministre resté proche de Nicolas Sarkozy.

Quatre candidats déclarés

Les candidatures à la primaire UMP en vue de l'élection présidentielle de 2017 devront être déposées au plus tard le 9 septembre 2016, selon les nouveaux statuts du parti. Pour l'instant, sont officiellement candidats à la primaire François Fillon, Alain Juppé, Xavier Bertrand et Christian Estrosi. Bruno Le Maire dira "début 2016" s'il présente sa candidature. Nicolas Sarkozy devrait annoncer la sienne par la suite et l'on attend toujours la décision des centres, l'UDI et le MoDem.

Mais si "les dés sont pipés", assure un juppéiste dans Le Parisien, le premier tour de la présidentielle "fera office" de primaire.

S.A.