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De l'UMP aux Républicains, comment s'est opéré le changement de nom

Le nom de l'UMP vit actuellement ses dernière heures.

Le nom de l'UMP vit actuellement ses dernière heures. - Kenzo Tribouillard - AFP

Avant d'être choisi par Nicolas Sarkozy, le nouveau nom de baptême de l'UMP, qui devrait être officialisé dans trois semaines lors du congrès refondateur du parti, a fait l'objet de nombreuses hésitations. Retour sur huit mois de cogitations.

Ce n'est désormais plus un secret, le parti de Nicolas Sarkozy a toutes les chances de se voir rebaptiser "Les Républicains". Sauf surprise, c'est le nom qui sera soumis au bureau politique le 5 mai, et officialisé en grande pompe le 30 mai lors du congrès refondateur du parti de Nicolas Sarkozy. Si tout apparaît bien ficelé dans le calendrier - un changement de nom au printemps - le choix n'a pas été évident pour le chef de l'opposition.

Le PMU, Le Rassemblement, La France libre...

De la fin de l'été 2014, moment où Nicolas Sarkozy annonçait vouloir tourner la page "UMP", à maintenant, il aura fallu huit mois de tergiversations pour aboutir aux Républicains. Et c'était sans compter sur les personnes hostiles à cette idée. A l'instar d'Alain Juppé qui ironisait sur BFMTV en septembre dernier sur le changement de nom: "Tout changer, tout changer... On pourrait aussi appeler ça le PMU, tant qu'on y est!"

Si la proposition de l'ancien Premier ministre a de quoi faire sourire, une chose est sûre, Nicolas Sarkozy ne souhaitait pas de nouvel acronyme qui permettrait de faire des jeux de mots du type "UMPS", croit savoir une source relayée par L'Express.

Par ailleurs, "Le Rassemblement" a été un temps avancé. Mais il n'a pas été retenu, jugé "trop passe-partout", selon un proche de Nicolas Sarkozy, cité par Le Parisien. D'autres, très à droite au sein du parti, auraient suggéré "La France libre", mais sans succès.

Une équipe dédiée

En fait, de sources concordantes, Nicolas Sarkozy a constitué une équipe dédiée pour réfléchir au nouveau de nom de baptême de l'UMP. Parmi ces personnes, on retrouve son consultant en stratégie Pierre Giacometti, et le publicitaire Jean-Michel Goudard (le "G" d'Euro RSCG), à l'origine entre autres du slogan "La France forte". Mais le chef de l'opposition avait déjà "le nom en tête", et ce, depuis qu'il a fait "campagne pour l'UMP".

Le label "Les Républicains" ainsi que trois logos, ont d'ailleurs été déposés à l'Institut national de la propriété industrielle (INPI) dès octobre, par l'agence de publicité Aubert Stroch.

Un logo déposé à l'INPI
Un logo déposé à l'INPI © UMP
Un logo déposé à l'INPI
Un logo déposé à l'INPI © UMP
Un logo déposé à l'INPI
Un logo déposé à l'INPI © UMP

"Un abus de pouvoir" pour la gauche

Alors que l'appellation Les Républicains est sur le point d'être validée par le parti, l'idée ne fait pourtant pas l'unanimité au sein de l'UMP. Certains s'en moquent déjà en parodiant le nom en "Ripoublicains".

A gauche, on y voit carrément "un abus de pouvoir", pour reprendre les termes de Jean-Marie Le Guen, le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, interrogé mercredi sur cette future dénomination du parti.

Chef de motion de la gauche du PS, Christian Paul a accusé Nicolas Sarkozy d'être "coutumier des captations d'héritage". Ce à quoi la numéro deux de l'UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet, lui a répondu: "Se nommer soi-même, ce n'est pas agresser les autres".