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Primaire à droite: les astuces de Sarkozy pour en contourner les obstacles

Nicolas Sarkozy à La Baule le 5 septembre dernier, à l'occasion de l'université d'été des Républicains.

Nicolas Sarkozy à La Baule le 5 septembre dernier, à l'occasion de l'université d'été des Républicains. - Jean-Sébastien Evrard - AFP

La préparation de la primaire des Républicains en 2016 a déjà commencé, et elle est observée de près par les candidats. Nicolas Sarkozy, lui, essaie comme il peut d'en contourner les obstacles.

Il aurait souhaité s'en passer, mais il ne peut plus reculer: la primaire est désormais lancée chez les Républicains, et Nicolas Sarkozy n'a plus d'autre choix que d'en observer l'organisation. C'est Thierry Solère, proche de Bruno Le Maire, qui s'y attèle. Malgré une volonté affichée de transparence, loin du conflit qui a déchiré François Fillon et Jean-François Copé en 2012, le patron des Républicains regarde de près la façon dont est conçu le scrutin. Au point d'éveiller l'attention de ses rivaux.

> Isoler les bayrouistes

Cette primaire est celle de la droite et du centre. Mais depuis 2012 et le ralliement de François Bayrou à François Hollande, le patron du Modem n'a plus vraiment la cote du côté de Nicolas Sarkozy. Mercredi, dans son article qui révèle la répartition des bureaux de vote, Le Monde écrit que Laurent Wauquiez aurait "proposé que les voix de François Bayrou ne soient pas comptabilisées" pour effectuer la répartition en question.

Brice Hortefeux, lui, suggérait même que la répartition soit calculée "en fonction des scores du second tour de 2012", ce qui signifie sans les voix des centristes ayant voté pour François Hollande. Mais ces deux propositions ont été refusées par le camp d'Alain Juppé, pour qui les voix centristes sont capitales.

> Une répartition des bureaux qui arrange bien Sarkozy

Les candidats redoutaient que les bureaux soient répartis à l'avantage de Nicolas Sarkozy. Thierry Solère, chargé de l'organisation de la primaire, a finalement mis au point une méthode simple: chaque circonscription électorale dispose de 9 bureaux, et le reste est réparti en fonction de l'importance de l'électorat de droite et du centre dans la zone. Les voix de Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Nicolas Dupont-Aignan sont donc finalement comptabilisées.

Finalement,cette répartition arrange bien Nicolas Sarkozy: les circonscriptions qui disposent du plus grand nombre de bureaux sont Paris, avec 313 bureaux, et les Hauts-de-Seine avec 270. Or, le département de la petit couronne est un fief historique de la droite où Nicolas Sarkozy, ancien maire de Neuilly-sur-Seine, est particulièrement populaire. Quant à la fédération de Paris, elle est dirigée par… Frédéric Péchenard, bras droit de Nicolas Sarkozy.

> Des relais locaux bien utiles

Reste maintenant à déterminer des relais locaux, nécessaires pour aider au bon fonctionnement du vote. Thierry Solère assure que chaque candidat aura un assesseur dans chaque bureau de vote, rappelle Le Point – ce qui signifie près de 30.000 au total. Mais il faudra s'assurer de pouvoir trouver toute cette main d'œuvre, disponible les jours d'élection: et dans certaines fédérations, cela risque de poser problème à certains candidats.

D'autant que là encore, Nicolas Sarkozy tente comme il peut de s'assurer des soutiens locaux, notamment en nommant les secrétaires départementaux des fédérations du parti - dont Frédéric Péchenard. Si ces derniers ne seront pas ses "observateurs" sur place, ils constituent une base importante de militants, capables de trouver les meilleurs assesseurs. La guerre se joue sur tous les terrains, et elle ne fait que commencer.

Ariane Kujawski