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Primaire à droite: la bataille s'achève, Fillon favori face à Juppé

Alain Juppé et François Fillon lors du dernier débat de la primaire de la droite, le 24 novembre 2016.

Alain Juppé et François Fillon lors du dernier débat de la primaire de la droite, le 24 novembre 2016. - Eric Fefferberg - AFP

Dernière ligne droite pour les deux candidats finalistes de la primaires de la droite. François Fillon est toujours en position de favori, à quelques heures du résultat final.

Les électeurs de la primaire de la droite s'apprêtent à départager, ce dimanche, François Fillon, désormais favori, et Alain Juppé, au second tour d'une compétition dont le vainqueur sera en pole position pour remporter la présidentielle, dans moins de six mois.

Certains territoires d'outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Saint-Pierre-et-Miquelon et Polynésie française notamment) et les 58.472 Français de l'étranger ont commencé à voter dès samedi. Au Gosier en Guadeloupe, les électeurs sont venus voter dans un flux léger mais régulier, et une ambiance bon enfant, les métropolitains étant les plus enclins à se déplacer.

Grosses surprises

"J'ai voté Fillon, parce qu'il est le seul à vouloir restaurer la valeur travail", a confié Henri, enseignant retraité. Gérald Commere, 25 ans, a lui "choisi Juppé pour l'homme plus que pour le programme" car il "ne croit pas que Fillon a la stature présidentielle".

Dimanche, les bureaux de vote (10.228 sur tout le territoire) seront ouverts de 8 à 19 heures en métropole, avec de premiers résultats attendus vers 20h30.

Le premier tour, dimanche dernier, avait été marqué par plusieurs grosses surprises: une participation record (près de 4,3 millions de votants, soit beaucoup plus que les 2,6 millions de la primaire de la gauche en 2011), la sèche élimination de Nicolas Sarkozy, synonyme de retraite politique pour celui qui a dominé la droite pendant une bonne décennie, la poussée spectaculaire de François Fillon (plus de 44% des voix), jusqu'à présent vu comme un éternel second, et le score en retrait d'Alain Juppé (28,6%), pourtant donné pendant des mois favori de la compétition.

La campagne de second tour, âpre en début de semaine avec des attaques d'Alain Juppé, pas forcément du goût de certains de ses proches, contre les positions et le programme de son rival (IVG, fonctionnaires...), et le dernier débat télévisé de jeudi ne devraient pas changer la donne, selon les deux camps.

Dernières forces

Sauf nouvelle énorme surprise, c'est François Fillon (62 ans) qui devrait l'emporter sur le maire LR de Bordeaux (71 ans). Le député de Paris est en effet donné très largement gagnant avec 61 à 65% des voix, contre 35 à 39% à son aîné, selon les sondages de ces derniers jours. Il devrait notamment bénéficier de bons reports des voix des électeurs de Nicolas Sarkozy (20,7%), qui a lui-même dit qu'il voterait pour son ancien Premier ministre.

Vendredi, les deux hommes ont jeté leurs dernières forces dans la bataille.

Juppé s'est recueilli sur la tombe du général de Gaulle à Colombey-les-Deux-Églises avant de se poser à Nancy en défenseur du "modèle social français", un "acquis depuis 1945".

Accompagné de Nathalie Kosciusko-Morizet (2,6% au premier tour) et de la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse, il a de nouveau mis en garde contre la "démagogie anti-fonction publique" et le "libéralisme sans justice" reprochés à son adversaire.

"Ami des extrémistes" et "croquemitaine réactionnaire"

À Paris, Fillon, entouré de deux de ses ex-compétiteurs (Bruno Le Maire, 2,4%, et Jean-Frédéric Poisson, 1,5%) et de sarkozystes, a lui ironisé sur les "caricatures" le dépeignant en "ami des extrémistes" et "croquemitaine réactionnaire", tout en affichant une confiance sereine.

Il avait choisi pour son dernier meeting l'emblématique Porte de Versailles, là même où Nicolas Sarkozy avait prononcé en janvier 2007 son célèbre discours lançant sa campagne présidentielle victorieuse et où Jacques Chirac lança le RPR en 1976.

Au second tour, la participation sera-t-elle aussi massive qu'au premier? Elle était passée de 2,6 à 2,8 millions à la primaire organisée par le PS en 2011. Et que feront les électeurs de gauche venus il y a une semaine pour faire barrage à Nicolas Sarkozy?

Samedi, Martine Aubry, la maire PS de Lille, "mère" des 35 heures, a fustigé en François Fillon un "homme profondément archaïque et réactionnaire", dont la victoire en 2017 signerait "un retour loin, loin en arrière".

Sitôt le candidat de la droite adoubé, tous les regards se porteront sur François Hollande. Le chef de l'État doit en effet annoncer très prochainement s'il brigue ou non un second mandat, dans une ambiance électrique avec son Premier ministre Manuel Valls, qui se verrait bien lui aussi porter les couleurs du PS à la présidentielle.

M. R. avec AFP