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Primaire à droite: François Fillon présente sa "révolution" conservatrice

François Fillon, le 22 novembre 2016.

François Fillon, le 22 novembre 2016. - Jean-Philippe Ksiazek - AFP

En meeting à Lyon mardi soir, François Fillon, candidat à la primaire de la droite pour 2017, a assumé son projet "radical" pour la France.

Il assume son projet "radical" pour "redresser la France". En meeting à Chassieu, près de Lyon, dans le Rhône, François Fillon, arrivé largement en tête du premier tour de la primaire de la droite (plus de 44% des suffrages contre 28,5% pour Alain Juppé), a de nouveau affirmé vouloir "casser la baraque pour la reconstruire autrement".

"Casser la baraque pour la reconstruire autrement"

"Lorsque je dis que le coeur du mal français relève d'un moteur économique en sous-régime, incapable de créer de la croissance et de soutenir le pouvoir d'achat, lorsque que je dis que le plein emploi est une priorité vitale qui réclame toutes les ruptures, lorsque je répète que la faillite nous guette, bref, lorsque j'affirme qu'il faut casser la baraque pour la reconstruire autrement, alors on me rétorque que je vais trop loin", a lancé François Fillon, devant environ 6.000 personnes, selon les organisateurs.

Le député de Paris a balayé les critiques de son rival Alain Juppé, qui dénonce sa vision "extrêmement traditionaliste" sur la société et son programme d'une "très grand brutalité en matière économique".

"A tort, Alain Juppé juge mon projet trop radical, trop risqué (...) Si on n'est pas radical maintenant, je me demande quand on le sera? Je lui réponds que si on ne prend pas tous les risques maintenant, je me demande quand on les prendra?", s'est interrogé François Fillon

"Révolution du bon sens"

L'ex-Premier ministre, qui avait affirmé un peu plus tôt sur notre antenne ne pas avoir de "problème à être comparé" à Margaret Thatcher, a invité les Français à "enclencher la révolution du bon sens". Et à "mettre le turbo".

"D'ici dix ans, la France peut être la première nation européenne", a-t-il lancé sous les vivats du public.

De nombreuses personnalités avaient pris place dans l'assistance, notamment Gérard Larcher, président du Sénat, Valérie Boyer ou Jérôme Chartier, qui le soutiennent depuis le début, Bruno le Maire, qui l'a rallié après son élimination du premier tour de la primaire, les sarkozystes Laurent Wauquiez, Guillaume Larrivé, Guillaume Peltier ou Nadine Morano.

François Fillon voit une "vague qui monte" et qui "porte un nom: celui de la France (...) Elle est soulevée par ces Français de bon sens, ces Français épris de vérité, épris de cette volonté d'être respectés, d'être debout !", a-t-il lancé.

"La présidence des messes basses ne sera pas la mienne"

Mais sans trop s'attarder sur Alain Juppé, qu'il affrontera dimanche pour le second tour de la primaire à droite mais qu'il a distancé de 16 points au premier, l'ancien chef de gouvernement de Nicolas Sarkozy s'en est pris au pouvoir socialiste, se plaçant directement dans la perspective de 2017.

"François Hollande nous laisse une France en dépôt de bilan, économique et moral. Il n'aura été ni un grand président, ni un président normal, puisqu'il n'aura, tout simplement, jamais vraiment compris ce qu'est 'être président de la République'", a dit François Fillon.
"L'honneur comme la sagesse voudrait qu'il renonce à se représenter, mais il ne le fera sans doute pas, convaincu qu'il est, que la démocratie est un jeu à somme nulle. Alors je l'affronterai, lui ou un autre, comme j'affronterai l'extrême droite et son programme démagogique, et nous les vaincrons le moment venu !", a-t-il assuré.
"François Hollande a abîmé la fonction présidentielle. La présidence des faits divers et des messes basses ne sera pas la mienne. Il n'y a pas d'autorité sans prestige, sans une certaine dignité et une intégrité certaine", a-t-il dit.
"L'élection présidentielle de 2017 ne peut pas être celle d'une alternance classique: elle doit être le point de départ d'un peuple qui, par tous ses instincts de vie, se met à l'offensive et à l'action", a dit François Fillon.

Pour François Fillon, la primaire est déjà derrière et son avenir l'envoie à l'Elysée.

V.R. avec AFP