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Présidence LR: Wauquiez devra faire sans les stars du parti

A la fête de la Violette en septembre dernier, Laurent Wauquiez a appelé au "rassemblement".

A la fête de la Violette en septembre dernier, Laurent Wauquiez a appelé au "rassemblement". - Guillaume Souvant - AFP

Valérie Pécresse, François Baroin, Xavier Bertrand… Les poids lourds de LR refusent de soutenir la candidature de Laurent Wauquiez à la présidence du parti. Le vice-président devra pourtant rassembler derrière lui.

Laurent Wauquiez n'a de cesse de le répéter: derrière sa candidature à la présidence LR, il veut rassembler son parti écartelé par les divisions internes, et remettre en ordre de marche sa famille politique. Objectif: la victoire à la présidentielle de 2022.

Mais s'il est largement favori face à trois candidats à la la notoriété limitée, la candidature du vice-président LR ne fait pas pour autant consensus. Une partie des "poids lourds" du parti refuse ostensiblement de le soutenir – et lui montre même une certaine hostilité. Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, François Baroin, Christian Estrosi… Chacun de ces cadres de LR a distillé ces dernières semaines critiques et invectives vis-à-vis de Laurent Wauquiez.

"Xavier Bertrand et Valérie Pécresse trouvent qu'il se rapproche trop du FN", analyse Laurence Sailliet, proche de Xavier Bertrand qui a elle-même renoncé à se présenter à la présidence LR. "Si on court après le FN, ce ne sera pas ma droite", avait déclaré Valérie Pécresse, qui brandissait le "risque d'éclatement" du parti en cas de victoire de Laurent Wauquiez.

Wauquiez donne des gages

"Je ne pense pas que la ligne droitière soit en cause, d'autant que je pense que Laurent Wauquiez enverra encore quelques messages plus modérés", tempère Philippe Gosselin, qui figure parmi ses soutiens. Ces derniers jours, le président d'Auvergne-Rhône-Alpes a tenté de rassurer. Confronté à des déclarations du président de Sens Commun qui assumait ses affinités avec Marion Maréchal-Le Pen, il a assuré qu'en cas d'élection, '"il n'y aur(ait) aucune alliance avec des élus du Front national".

Le rapprochement avec Virginie Calmels, ancienne juppéiste future vice-présidente du parti, constitue un autre gage. Le sénateur Roger Karoutchi, qui laissait entendre l'été dernier qu'il pourrait se lancer lui aussi dans la course à la présidence, s'est finalement décidé à soutenir Laurent Wauquiez après ce rapprochement. "Cela m'a rassuré tant sur la ligne politique que sur sa volonté de rassembler", indique-t-il.

Il en faudra plus pour convaincre les réticents. Mais Laurent Wauquiez n'en a cure. "Bertrand et Pécresse ne peuvent pas m'arrêter", dit-il, cité par Le Figaro. "Leur stratégie, c'est attendre et dire que je vais me planter. Mais moi je n'aime pas me planquer!".

2022 en ligne de mire?

"Je pense surtout que nul ne veut obérer son propre avenir", ajoute Philippe Gosselin. Soutenir Laurent Wauquiez reviendrait alors, pour les cadres du parti, à "l'installer déjà comme l'incontournable de 2022". Or en 5 ans, il peut encore se passer beaucoup de choses. Les "gros poissons" l'ont bien compris: plutôt que de se présenter, Valérie Pécresse a choisi de créer son propre mouvement, "Libres!", afin de peser au sein du parti.

Christian Estrosi vient de lancer un mouvement des maires LR et Xavier Bertrand, lui, entend faire de sa région des Hauts-de-France une "vitrine" pour son travail, "loin de la politique parisienne".

Philippe Gosselin se veut optimiste. "Pour l'après, ceux qui restent à l'écart rentreront si Laurent Wauquiez réussit son pari, s'il sait ouvrir et pardonner". "Soit il permet à toutes les sensibilités d'être représentées dans le parti et ça fonctionne, soit il met en place uniquement des gens qui pensent comme lui, et là ça n'ira pas, prévient Laurence Sailliet. "Ce mandat sera un grand test".

https://twitter.com/ariane_k Ariane Kujawski Journaliste BFMTV