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NKM sur la législative dans le Doubs: "Je voterais pour le candidat opposé au FN" 

Lundi matin sur BFMTV et sur RMC, Nathalie Kosciusko-Morizet a annoncé qu'elle voterait à titre personnel "pour le candidat opposé au FN" au 2e tour de la législative partielle dans le Doubs, où l'UMP a été éliminé dès le 1er tour.

Lundi matin sur BFMTV et sur RMC, Nathalie Kosciusko-Morizet a annoncé qu'elle voterait à titre personnel "pour le candidat opposé au FN" au 2e tour de la législative partielle dans le Doubs, où l'UMP a été éliminé dès le 1er tour. - BFMTV

Nathalie Kosciusko-Morizet, vice-présidente déléguée de l'UMP et députée de l'Essonne, était lundi matin l'invitée de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et sur RMC.

Invitée lundi matin sur BFMTV et sur RMC, Nathalie Kosciusko-Morizet est revenue sur l'élimination dimanche soir de l'UMP au 1er tour de la législative partielle dans le Doubs, où s'affronteront donc une candidate FN et un candidat PS dimanche prochain.

NKM relève d'abord "une désaffection des électeurs" pour le PS, qui fait "moins 14% par rapport aux dernières élections", avec une participation inférieure à 40%. "C'est un problème majeur qui doit tous nous interroger", prévient NKM. Cela signifie aussi que le candidat UMP "n'a pas su attirer ces électeurs déçus par la gauche (...). Là, on laisse aux électeurs le pire des choix. Le choix entre un candidat socialiste qui soutient cette majorité gouvernementale qui désespère les Français, et un candidat du FN qui n'apporte aucune solution. C'est un appel fort à nous régénérer (l'UMP, Ndlr) encore plus vite", juge Nathalie Kosciusko-Morizet.

# Le choix du "candidat opposé au FN"

Quelle consigne de vote l'UMP va-t-elle donner? "Il y aura un bureau politique mardi, et à l'issue du débat, il y aura une prise de position de l'UMP". Nicolas Sarkozy, lui, penche pour le "ni-ni", ni PS, ni FN. "Je défendrai la position que j'ai toujours défendue", prévient NKM. "Je choisirais de voter pour le candidat opposé au candidat du Front national", en l'occurrence un candidat PS. "C'est un choix personnel. C'est une position plutôt minoritaire dans ma famille politique, mais je la défends quand même".

Avec quels arguments? "Je ne renvoie pas dos à dos le PS et le FN. Le PS désespère la France, mais je pense que le Front national défigurerait la France (...). Le PS ce sont des adversaires politiques avec lesquels on débat. Le FN, ils veulent notre mort. Ils ne veulent pas le débat. Faire comme si on ne l'avait pas vu, laisser faire? Non, je ne le sens pas", insiste NKM.

# Pas de front républicain

La députée de l'Essonne précise sa pensée: "Je ne l'inscris pas dans une logique que certains appellent le front républicain, je n'aime pas le mot de front républicain. Il est absurde parce qu'il laisse penser l'idée qu'il y aurait une alliance, qu'il y aurait un soutien. Ce n'est pas le sujet. Parfois vous êtes confronté à une alternative que vous n'avez pas voulue. Vous n'avez pas envie de faire ce choix-là, mais il faut le faire, et vous le faites".

Nicolas Sarkozy n'a-t-il pas donné envie d'aller voter pour le candidat de son parti? Le président de l'UMP enregistre-t-il là son premier échec? "Nicolas Sarkozy, ça fait seulement deux mois qu'il est président de l'UMP. Je trouve ça vraiment injuste de vouloir lui coller ça comme un échec personnel".

# Pour des "solutions radicales", contre "l'extrémisme absurde"

NKM en est sûre, "les Français ont besoin de solutions radicales", et des "propositions radicales", elle affirme ne pas en manquer, notamment pour l'école républicaine. Sur l'école républicaine et le non-respect de la minute de silence dans certains établissements scolaires, après les attentats, la réponse de Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l'Education, "n'était pas à la hauteur", juge NKM.

La députée UMP veut "poser la question du placement des enfants qui dans leurs familles sont entraînés dans une dérive de radicalisation". NKM cite l'exemple de Mulhouse, où des "dizaines d'enfants qui arrivent tous les jours en retard à l'école parce qu'ils sont emmenés à la prière par leurs parents". Elle poursuit: "La dérive radicale, c'est une maltraitance. Ca le conduit où, l'enfant, d'aller à la prière et pas à l'école?" Dans ce cas de figure, NKM milite pour un "placement de l'enfant", mais "ça n'a rien à voir avec un discours extrémiste (...). La candidate FN dans le Doubs (Sophie Montel, Ndlr), elle, est dans l'extrémisme le plus absurde". 

NKM reconnaît qu'elle n'exclut pas d'être candidate à la primaire UMP pour 2017, mais martèle que ce n'est pas le moment. "Il y aura un nouveau mouvement politique au printemps prochain" et "mon sujet du moment c'est de faire passer mes idées, et je mets toute mon énergie à ça", tempère Nathalie Kosciusko-Morizet.

Que faire de la dette grecque? "La Grèce doit 47 milliards d'euros à la France", donc "l'effacement de la dette, c'est non", tranche la vice-présidente déléguée de l'UMP. "Après, des aménagements, on peut naturellement en parler".

Alexandre Le Mer