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Duel FN-PS dans le Doubs: l'UMP penche pour la stratégie du "ni-ni"

Nicolas Sarkozy le président de l'UMP

Nicolas Sarkozy le président de l'UMP - Philippe Huguen - AFP

Si l'UMP ne livrera sa position officielle que mardi à l'issue de son bureau politique, plusieurs ténors du parti dont les proches de Nicolas Sarkozy Gérald Darmanin ou Henri Guaino, ont affiché leur préférence pour le "ni PS - ni FN".

La position officielle ne sera dévoilée que mardi à l'issue du bureau politique, mais les ténors de l'UMP ont largement accordé lundi leur préférence à la position du "ni Parti socialiste - ni Front national" avant le second tour de la législative partielle du Doubs dimanche prochain. Le candidat de l'UMP (26,5%) avait été devancé, ce dimanche, par celui du FN (32,6%) et par celui du PS (28,8%).

Ainsi, "je ne choisis pas entre le Parti Socialiste et le Front National", a déclaré lundi sur Europe 1 le député maire de Tourcoing et secrétaire général adjoint de l'UMP Gérald Darmanin, interrogé sur la position de son camp. Nicolas Sarkozy aurait annoncé à ses proches qu'il ne veut ni appeler à voter FN, ni appeler à voter PS, assure également la radio sans que l'information ne soit confirmée par son porte-parole lors de l'élection pour la présidence de l'UMP fin 2014.

Sur Twitter dimanche, l'ancien chef de l'Etat n'a pas commenté les résultats du Doubs, se contentant de saluer la victoire... des handballeurs français au championnat du monde.

"Ne pas exclure les électeurs du FN" pour Le Maire et Guaino

"Quand on n'est pas au second tour, les Français votent pour qui ils ont envie de voter", avait lui estimé le député UMP des Hauts-de-Seine Thierry Solère, dimanche sur BFMTV. Même son de cloche chez Bruno Le Maire qui a dit "non au front républicain" car "on ne peut pas dire aux électeurs du FN: 'vous ne faites pas partie de la République'", a jugé le député sur France Info. "Cette élection doit servir d’électrochoc pour l’UMP", estimé l'élu qui avait terminé second, mais crédité d'un excellent score, lors du vote pour la présidence du parti.

"Le front républicain est une folie parce qu’il exprime le mépris des électeurs en leur donnant des consignes de vote", a surenchéri l'ex-plume de Nicolas Sarkozy Henri Guaino sur France Inter qui assure que l'on "ne peut pas exclure le tiers des électeurs qui vote pour le Front national". "La seule façon" de s'opposer au FN "ce sont les idées et nous avons un grand retard sur les idées", assure-t-il quand Bruno Le Maire estime que "le rôle de l'UMP doit être de rassembler un maximum de personnes en disant 'nous avons des propositions pour le pays crédibles, fortes, plus convaincantes que celles de Marine Le Pen".

Pour autant, "deux mois sont trop courts" pour voir dans ce résultat un désaveu à l'encontre de Nicolas Sarkozy. Henri Guaino nie aussi que le PS puisse avoir été porté par l'élan des marches républicaines du 11-janvier dernier. "On a pu croire que nous vivions dans un autre monde et bien ce n’est pas le cas", a-t-il jugé. 

"Mes idées ne sont pas celles du Parti socialiste donc je n'appelle pas à voter socialiste, lui déclaré Laurent Wauquiez le secrétaire général de l'UMP. Je ne partage pas les idées du Front national donc je ne vote pas pour le FN (...) Je voterais blanc si je devais voter".

NKM et Bussereau "contre le FN"

Malgré les apparences, le débat pourrait être houleux lors du bureau politique qui doit valider la position finale. Après Dominique Bussereau, ancien ministre et actuel député UMP de Charente-Maritime qui avait tweeté dès dimanche: "Je vote PS contre le FN", la vice-présidente du parti Nathalie Kosciusko-Morizet a livré, à titre personnel, la même position sur BFMTV lundi. L'ancienne candidate à la mairie de Paris a assuré qu'elle défendra ce choix face à ses collègues. 

"J'y défendrai la position que j'ai toujours défendue: je choisirai de voter pour le candidat opposé au candidat du Front national", en l'occurrence celui du PS, a-t-elle déclaré. "Je ne renvoie pas dos à dos le PS et le FN. Le PS désespère la France, mais je pense que le Front national défigurerait la France", insiste NKM. Et la députée de l'Essonne de préciser sa pensée: "Je ne l'inscris pas dans une logique de front républicain, ça sous-entend qu'il y aurait un accord".

Samuel Auffray