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Législative dans le Doubs: le PS porté par un effet "11 janvier"

Le candidat du PS dans le Doubs Frédéric Barbier

Le candidat du PS dans le Doubs Frédéric Barbier - SEBASTIEN BOZON - AFP

Depuis le début de l'année, les sondages montrent une remontée de la cote de popularité de l'exécutif qui a pu profiter au candidat du PS, lors de la législative partielle du Doubs. Au FN notamment, on pointe également un désaveu du nouveau président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, pour expliquer le résultat de dimanche.

La législative partielle du Doubs signe la fin d'une série de treize défaites consécutives pour la majorité. Second avec 28,85% des voix, derrière la candidate du FN (32,6%) mais devant l'UMP (26,5%), le candidat socialiste Frédéric Barbier a profité de cette qualification inespérée pour lancer un appel. L'ex-suppléant de Pierre Moscovici a interpellé les électeurs de tous bords "à l'unité, celle que nous avons connue le 11 janvier autour des valeurs de la République", pour que "la démocratie l'emporte" contre le Front national le 8 février. 

Et, de fait, la gauche a pu profiter des sondages plus favorables pour l'exécutif - François Hollande et Manuel Valls en tête - qui s'enchaînent suite à la bonne gestion de la séquence post-attentats parisiens, début janvier. La majorité a aussi pu profiter d'un effet 11 janvier, jour de la marche républicaine en hommage aux victimes des attentats qui avait réuni plusieurs millions de personnes dans les rues de France.

La gauche remobilisée?

"Avant ces événements, la défaite du candidat socialiste était quasi assurée dès le premier tour, confirme Thierry Arnaud, éditorialiste à BFMTV. Les choses ont pu évoluer depuis". Et malgré un meeting perturbé par des membres de la CGT, le Premier ministre, qui s’était déplacé pour soutenir le candidat de la majorité, tablait sur ce rebond. 

"Bravo à Frédéric Barbier pour sa qualification au 2nd tour dans le #Doubs. Il est désormais le candidat de tous les républicains. #circo2504", s'est d'ailleurs félicité Manuel Valls dimanche soir sur twitter. 

Dans cette circonscription historiquement à gauche, le PS a réussi à remobiliser ses électeurs quand l'abstention s'est avérée massive. Pour autant, les effets des événements extra-politiques sont difficiles à quantifier. Toutefois, du côté de l'UMP, cet échec est perçu comme un avertissement pour Nicolas Sarkozy même si le député des Français de l'étranger Thierry Mariani insiste pour ne pas "tirer de conséquences nationales" d'un scrutin local.

"Mauvaise journée pour Nicolas Sarkozy"

Mais pour FN, dont la candidate sort en tête au premier tour, le responsable de cette débâcle à droite est tout trouvé. "Ce doit être une très mauvaise journée pour Nicolas Sarkozy puisque le Qatar a perdu face à la France (en finale du Mondial de handball, ndlr) et son candidat n'est pas au second tour, a raillé le vice-président du parti frontiste Florian Philippot sur BFMTV. Son retour est un échec total, ça se confirme". Et si l'analogie avec l'événement sportif du week-end est reprise par Sophie Montel, la candidate du FN, elle espère désormais s'imposer grâce au report des voix des électeurs de l'UMP. "Maintenant, se félicite sur BFMTV cette adhérente du parti depuis 1983, on va pouvoir parler chômage, immigration massive et bilan du gouvernement socialiste en place".

En clair, s'il est difficile d'évaluer l'ampleur de l'impact des attentats et de la marche du 11 janvier dans le score inespéré du candidat PS, l'esprit de ces rassemblements aura son importance, mardi à l'heure des choix pour l'UMP: le "ni-ni" ou le Front républicain.

Mais, "vous croyez que les gens du Doubs attendent le bureau politique pour savoir ce qu'ils ont à faire?", nuance le député Thierry Solère, dimanche sur BFMTV. Quand on n'est pas au second tour, les Français votent pour qui ils ont envie de voter".

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Samuel Auffray et Alexis Cuvillier (vidéo)